La Zakat concerne aussi les pauvres

Selon l’imam de la mosquée «El Houda», Ali Chaïb, zakat el fitr ne concerne pas uniquement les riches et classe moyenne, mais aussi une «certaine catégorie de pauvres».

Se référant à un hadith, rapporté par el Boukhari, où le Prophète, (Que la prière d’Allah et Son Salut Soient sur Lui), a imposé l’aumône de la rupture du jeûne un « sa’» (unité de mesure) de dattes, ou un «sa’» d’orge pour le serviteur et l’homme libre, pour les hommes et les femmes, pour les vieux et les jeunes parmi les musulmans. «Et il a ordonné qu’elle soit donnée avant la sortie des gens pour la prière», précise notre interlocuteur.
Dans ce hadith rapporté également par el Boukhari, le prophète dit: «Nous sortions l’aumône de rupture du jeûne un ‘’sa’’’ de nourriture, ou un ‘’sa’’’ d’orge ou un ‘’sa’’’ de dattes ou un ‘’sa’’’ de fromage ou un ‘’sa’’’ de raisin sec». Cela  signifie, selon l’imam Chaïb, que la zakat a  tout d’abord, un rapport avec le jeûne vue qu’elle est imposée durant le mois de Ramadan, et qu’ensuite, toutes les catégories de la société sont concernées. «Quand on dit toutes les catégories, les convertis à l’islam, les enfants et les nouveau-nés y compris. Si un enfant né à la veille de la fête de l’Aïd el Fitr, sa famille doit sortir la zakat le concernant. De même que pour une  personne qui meurt à la veille de la fête d’el Aïd, sa famille est appelée à sortir la zakat le concernant, avant la prière de l’Aïd», explique-t-il.
Pour ce qui est des personnes pauvres, elles sont appelées aussi à s’acquitter de la zakat sous certaines conditions. Selon l’imam Chafii, rapporte-t-il, seules les personnes pauvres qui ont de quoi manger et de quoi faire manger les membres de leurs familles, sont concernées par cette obligation. «Sinon, elles ne sont pas obligées de s’en acquitter», renchérit-il.
«Mieux, d’après l’imam Abi Hanifa, les pauvres éligibles à l’aumône sont exempts de la zakat», précise-t-il. Revenant sur ce qu’il faut donner comme zakat, il rappelle que le prophète parle d’un «sa’» de dattes ou d’orge, et même de raisins tandis que des érudits évoquent la moitié d’un «sa’» de blé. «Comme ces mesures remontent à l’époque du prophète, elles sont différentes  des nôtres», fait-il remarquer.
«Il est nécessaire d’effectuer une étude approfondie sur cette question en fonction des prix de ces produits dont certains notamment les raisins  sont trop élevés», signale-t-il, soutenant que la zakat en espèces, dont le prix est fixé à 120 dinars cette année, est tolérée.
Farida Belkhiri