Lamamra : «La rupture des relations diplomatiques entre Alger et Rabat ne tolère aucune médiation»

La rupture des relations diplomatiques entre l’Algérie et le Maroc « ne tolère aucune médiation » et la position de l’Algérie en la matière « est sans ambiguïté » a affirmé samedi le ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, Ramtane Lamamra.

Dans une déclaration à la presse en marge de son inspection du déroulement des épreuves du concours de recrutement externe pour rejoindre les corps des attachés et secrétaires aux Affaires étrangères, au niveau du centre d’examen d’Alger à l’Université des Sciences et Technologies Houari Boumédiène (USTHB), M. Lamamra a indiqué que « cette question (rupture des relations diplomatiques entre Alger et Rabat) ne tolère aucune médiation ».
En réponse à une question sur une éventuelle médiation saoudienne entre l’Algérie et la Maroc, le chef de la diplomatie algérienne a affirmé qu' »il n’y a pas eu de médiation…il n’y en aura jamais, ni aujourd’hui, ni demain », soulignant « les fortes raisons qui imputent à la partie à l’origine de la dégradation des relations, la responsabilité pleine et entière ».
L’Algérie et le Royaume d’Arabie saoudite sont liés par des intérêts communs et des convergences de vues et de positions, au même titre que les autres pays « soient-ils arabes, africains ou autres », a poursuivi M. Lamamra rappelant par la même les déclarations du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, à ce sujet.

 

 

 

Abdelkrim Souira, expert en relations internationales  : «Lamamra a coupé court à toute possible médiation»
La fermeté du chef de la diplomatie algérienne, Ramtane Lamamra, à l’égard de toute éventuelle médiation entre l’Algérie et le Maroc est saluée par les observateurs de la scène politique nationale. C’est le cas d’Abdelkrim Souira, juriste et expert en relations internationales, selon lequel «Lamamra a eu raison d’être ferme et de couper court à toute médiation entre les deux pays pour que cette possibilité ne devienne même pas discutable». Et pour cause, aux yeux de Souira, «le Maroc est pleinement responsable de la rupture des relations entre nos deux pays», soulignant qu’«il n’a cessé de porter atteinte aux intérêts suprêmes de notre nation», en s’ingérant «dans les affaires internes de notre pays».
Aussi et selon l’expert international, «une personne qui souhaite réconcilier, résoudre les problèmes et apporter de l’apaisement dans les relations doit bien agir et non pas semer encore de l’intox et faire des manœuvres dilatoires, en mettant de l’huile sur le feu». A ce propos, le Maroc a fauté grandement en «recevant et en conviant chez lui des personnes qui souhaitent porter atteinte à la sécurité du pays et qui évoquent la question de l’autodétermination», lance Souira selon lequel «ces personnes conviées par le Makhzen ne peuvent pas mettre à mal la question du Sahara occidental qui est inscrite auprès des Nations unies».
Dans le même ordre d’idées, l’expert note que le Makhzen a récidivé récemment à travers la même manœuvre. «Dernièrement, il a organisé une conférence internationale sur le terrorisme durant laquelle il a dévié du thème de la rencontre pour évoquer la question de l’autodétermination du Sahara occidental», note-t-il, précisant encore une fois qu’il s’agit de «manœuvres vaines, tant la question du Sahara occidental relève d’un cas de décolonisation». En somme, l’attitude marocaine teintée «de manœuvres et d’intox» n’est pas de nature à favoriser une quelconque réconciliation. «Il n’est pas question qu’il y ait une quelconque médiation», soutient l’expert international, précisant que «l’Algérie ne voit aucun rapprochement possible qui peut aboutir à l’apaisement des relations entre les deux pays».
Pire, selon lui, «il n’y a même pas lieu d’envisager une telle médiation», expliquant que «le régime du Makhzen est toujours dans le même état d’esprit et dans la même ligne directrice pour porter atteinte aux intérêts du pays».
Fatma-Zohra Hakem