Lancement du salon algérien virtuel des déchets : La valeur marchande des déchets ménagers est de 151 milliards de DA 

La ministre de l’Environnement et de l’Aménagement du territoire a appelé, ce dimanche, les investisseurs à s’impliquer dans le processus du développement de l’économie circulaire soulignant que le  gisement à revaloriser est considérable.

Donnant le coup d’envoi de la 3e édition du salon virtuel du traitement des déchets, lors d’une rencontre organisée par l’Agence nationale des déchets (AND) au Centre international  des conférences (CIC),  Samia Moualfi a indiqué que la valeur marchande des déchets ménagers est estimée à 151 milliards de dinars par an. Exemple : «La valeur économique des produits usagés comme les huiles et les batteries est de 18,66 milliards de DA», a-t-elle fait savoir avant de mettre  l’accent sur l’effort de son secteur dans le cadre de la stratégie nationale de la gestion intégrée des déchets qui  implique un nombre d’acteurs dont des opérateurs économiques, la société civile, l’école et les start-up.
Elle a fait savoir que d’après le système des données, 14.000 start-up exercent dans le domaine de la valorisation des déchets. Ce chiffre n’est pas négligeable, mais reste, selon elle, «insuffisant pour couvrir tout le potentiel existant». «Le marché des déchets nécessite une intensification des   investissements. Notre département œuvrera à accompagner tout jeune investisseur porteur de projets», a-t-elle lancé.
De son côté, le directeur général de l’AND a indiqué que le salon a pour but de consolider les opportunités d’investissements, précisant que l’édition 2022 connaît la participation de 100 exposants nationaux et étrangers représentant de nombreux pays, dont  la Tunisie, le Cameroun et la Corée du Sud, ainsi que l’inscription de 20.000 visiteurs de plus de 40 pays à la plateforme numérique. Des experts prendront part à  la manifestation qui se tient deux jours durant, au cours desquels seront présentées les opportunités d’investissements et les dernières technologies en matière de gestion des déchets.
L’ambassadeur de la République de la Corée du Sud a assuré que son pays «s’engage pleinement à apporter de l’aide de par son expérience» avant de rappeler les accords de coopération signés entre nos deux pays en matière de gestion des déchets, citant entre autres celui de 2014 pour la réalisation du centre de traitement de déchet de Hamissi dans la wilaya d’Alger.
De leur côté, les investisseurs n’ont pas manqué de rappeler l’omnipotence de la bureaucratie. Pour eux, le problème réside dans l’application de la loi. Beaucoup ont regretté la non-implication des collectivités locales dans ce processus de développement durable lié au traitement des déchets, notamment ménagers. Ils  ont plaidé pour une zone spécifique au recyclage des déchets eu égard à la spécificité des produits et à la mise en place d’un fonds d’appui aux jeunes promoteurs. Encore faut-il commencer, ont-ils insisté, par l’assainissement du marché entaché, selon eux, d’anarchie.  «L’informel bat son plein et ne peut être éradiqué si l’administration persiste dans ses pratiques», ont-ils assené.
Wassila Ould Hamouda
Karim Ouamane, directeur général de l’Agence nationale des déchets : «Le taux de recyclage est de 9,83%»
Dans cet entretien, le directeur général de l’Agence nationale des déchets  (AND) met en avant les opportunités d’investissements dans le domaine de l’économie circulaire peu encore développée en Algérie.
L’Agence nationale des déchets lance aujourd’hui le salon virtuel de traitement des déchets. Quel en est l’objectif ?
Le  salon constitue une étape parmi d’autres en matière de promotion d’une nouvelle façon de  voir la gestion des déchets. Nous avons engagé des actions et des programmes pour améliorer l’impact environnemental lié à leur mauvaise gestion. Nous sommes face à une nouvelle ère beaucoup plus économique et sociale. Nous visons à promouvoir le déchet en tant que matière première et toutes les activités qui peuvent être développées dans ce domaine. Il est également question d’inciter les investisseurs à s’intéresser à ce créneau. Notre rôle en tant qu’agence exécutive du ministère de l’Environnement est de parler des opportunités, de donner des chiffres et d’accompagner les opérateurs économiques justement pour créer un marché de traitement des déchets.
Pourquoi les déchets sont-ils peu recyclés en Algérie ?
Il  va falloir déjà que le déchet soit accepté comme étant une matière première. En matière de réglementation, le ministère a fait le nécessaire et il est même en train d’actualiser et de l’adapter. Le taux de recyclage est  de 9,83%. Nous le voyons en tant qu’opportunité de création de richesses et d’emplois et nous œuvrons à l’augmenter. C’est un marché où il y a une offre et une demande. Nous  incitons les collectivités locales pour qu’elles adaptent leur schéma de gestion qui doit être  beaucoup plus incitatif pour attirer les investisseurs. C’est une opportunité pour les apc pour qu’elles changent de langage et soient plus attractives.
 Peut-on estimer le nombre d’emplois que pourrait générer cette activité ? 
La filière IET, tout ce qui est bouteille en plastique, représentant à elle seule 3,6%de la totalité de la masse des déchets produite, a créé 17.000 emplois directs. C’est important. Le plastique est le matériau le plus recyclé en Algérie. Ce sont 40% de gisement estimés à 1.200 tonnes par jour.
Entretien réalisé par Wassila O. H.