L’association El Rahma lance une campagne de dépistage précoce : Le cancer de la prostate en ligne de mire

L’association « El Rahma » d’aide aux malades du cancer de Boumerdès, vient de lancer une campagne nationale pour le diagnostic précoce du cancer de la prostate, en coordination avec les services de santé et des médecins bénévoles. Ce type de cancer est classé troisième chez la gente masculine, après celui du poumon et du colon.

La présidente de l’association « El Rahma », Malika Razi, a indiqué que cette campagne a été lancée en marge de la journée d’étude sur la prostate organisée à l’Institut supérieur des sciences paramédicales de la ville de Boumerdes et a pour but d’instaurer une culture de dépistage précoce du cancer de la prostate. Dans ce contexte, le docteur Abdelkarim Boualatrous, maître de conférences au Service néphrologie et urologie du CHU d’Annaba, a révélé que l’organisation de la campagne nationale pour le diagnostic précoce du cancer de la prostate, vise principalement à mettre en place un réseau national de médecins spécialistes et publics pour les hommes âgés de 50 ans et plus. Selon le spécialiste, les travaux de ce réseau seront précédés par l’organisation d’ateliers de formation sur les modalités et l’importance du dépistage précoce du cancer de la prostate, en direction des médecins généralistes. Suivra après, la mise en place d’un réseau national de médecins et de spécialistes pour lutter contre ce type de cancers classés dans la troisième catégorie des cancers qui touchent les hommes. Le même responsable précise que ce travail bénévole est intervenu après avoir constaté l’absence de données statistiques sur ce type de cancer chez l’homme, d’où la coordination entre l’Association « El Rahma » de Boumerdes, et un certain nombre de médecins.
« Il est plus approprié, que nous travaillions à généraliser le diagnostic à travers une équipe médicale composée de plusieurs spécialistes », explique le docteur Boualatrous. Il explique que  la campagne de diagnostic précoce peut avoir lieu tous les deux mois dans une wilaya, à condition qu’elle touche l’ensemble du pays, y compris les régions du sud et les zones reculées. De cette façon, ajoute le spécialiste, « il est possible de déterminer l’étendue de la propagation du cancer de la prostate dans le pays, mais surtout d’avoir des chiffres exacts sur cette maladie ». « Nous attendons le feu vert du ministère de la Santé, pour se lancer réellement sur le terrain, et effectuer un travail de volontariat aux objectifs précis », précise-t-il.
Il est à noter que la wilaya de Boumerdès et celle de Annaba, avaient auparavant organisé des journées de sensibilisation au dépistage précoce du cancer de la prostate en 2017 et 2018, au cours desquelles ils ont constaté des taux alarmants variant entre 10 à 20 % de cas de cancer de prostate diagnostiqués chez les patients de 50 ans, et qui avaient été soumis au test d’antigène-prostate-spécifique (PSA). Les données ont également montré, que parmi ceux qui ont été dirigés vers des analyses spécialisées, 50% avaient le cancer de la prostate à un stade très avancé. D’où l’importance, d’organiser une campagne de dépistage précoce très importante pour lutter contre ce cancer.
Rym Harhoura