Le chanteur Akerma tire sa révérence

Le monde de la culture algérienne et de la chanson kabyle vient de perdre un des animateurs en la personne de Salah Brahim plus connu sous son nom d’artiste Akerma. Il est parti le même jour que sa mère la grande maquisarde Na Ferroudja. 

Une mort qu’il n’avait pu supporter. En effet, Akerma est mort lundi d’un arrêt cardiaque suite à l’annonce du décès de celle qui l’a mis au monde et qui l’avait chéri. Akerma était très sensible. Il avait la musique dans le sang. Dès son jeune âge, il aimait chanter et gratter une guitare. D’ailleurs une fois à l’université Mouloud- Mammeri de Tizi-Ouzou, dont il était l’un des premiers étudiants, au sein de la FAC de droit, Salah Brahimi  avait souvent sa guitare sur lui. Elle faisait partie de ses affaires. Il aimait, entre deux cours ou deux TD ou TP, donner de la joie à ses camarades qui l’entouraient nombreux pour écouter les reprises qu’il faisait admirablement de Idir son mentor, de Djamel Allam et de Aït-Menguellet. Le soir venu c’est dans son quartier au  Boulevard commandant Arrous  au-dessus des pères de Tizi-Ouzou où il avait grandi qu’il égayait les soirées de ses potes « Walad  El Houma » comme il aimait à les qualifier affectueusement. Il était tout aussi doué dans ses études que dans la musique. En 1982, Akerma fut en quelque sorte forcé à l’exil après une déception amoureuse. Il ne supportait plus cette idée de voir celle qu’il aimait promise par ses parents à un cousin à elle. Il est parti poursuivre ses études  en France  à Paris plus précisément. Il avait obtenu avec brio une licence en droit international qui lui avait ouvert les portes de nombreuses institutions dont l’Académie de Créteil  où il exerçait avant que la faucheuse ne vienne  le ravir aux siens.  Il reste que la musique, notamment moderne, a  toujours été  sa passion. Il aimait surtout la poésie  berbère notamment Si Moh U-Mhand. D’ailleurs son premier album sorti en février  2011  sous  le titre  «Tilufa n Si Muh-u-Mhend»  est un hommage au troubadour. Dans cet album, ce sont des poèmes du grand poète kabyle qui sont repris avec des sonorités modernes. Deux années plus tard, Akerma a sorti son second album toujours en hommage au même poète sous le titre «Thazemourth» (l’olivier) arbre qui symbolise beaucoup de choses  en Kabylie.  Son troisième et dernier album « Cebhen Wussan (gratitudes)»  est sorti au mois d’avril 2020. Un album qui lui a valu un gros succès surtout qu’il l’avait fait connaître à la radio de Tizi-Ouzou. Son frère nous apprendra qu’il avait en préparation un quatrième tant sa muse était féconde. Ainsi donc Akerma est parti à l’âge de 60 ans laissant sa femme, ses deux garçons Yuva et Anis, ses amis et ses fans orphelins. En cette douloureuse circonstance, la rédaction de Horizons présente ses sincères condoléances à sa famille.
Rachid Hammoutène