Le colonel Benomar Bendjana, expert en questions sécuritaires : «La main tendue du chef de l’Etat doit converger vers un projet de société»

L’initiative «main tendue», qui a été annoncée récemment par le président de la République, «s’inscrit dans l’optique de consolider l’unité nationale et raffermir le front interne», a indiqué le chef d’état-major dans un discours prononcé avant-hier depuis Oran. Il s’agit, d’«une volonté politique sincère des hautes autorités du pays, de rassembler et d’unifier les forces nationales, notamment à l’aune du contexte international prévalant», a soutenu le général de corps d’armée Saïd Chanegriha.

Après le renouvellement des différentes institutions de l’Etat, l’Algérie nouvelle a plus que tout besoin, aujourd’hui, de l’implication conjointe et la collaboration active de tous les acteurs de la société. Et ce, dans l’intérêt de préserver le pays des intentions malveillantes et pernicieuses internes et externes. Ce soutien qui intervient à un mois du 60e anniversaire de l’indépendance traduit, ainsi, l’importance de la consolidation du front interne, la préservation de l’unité nationale et le resserrement des rangs des Algériens qui doivent se recentrer sur ce qui les rassemble.
Le président Abdelmadjid Tebboune a su, en l’espace de deux ans, instaurer de nouvelles règles et traditions dans le système politique du pays. Le processus de profondes réformes lancées par le chef de l’Etat vient d’être, dans ce sillage, conforté par son initiative de «main tendue à tous, sauf à ceux qui ont franchi les lignes rouges et qui ont largué les amarres avec leur patrie». Pour le colonel Benomar Bendjana, expert en questions sécuritaires, le discours du chef d’état-major «traduit l’adhésion de l’institution militaire à ce projet de réconciliation nationale qui ne peut être qu’essentiel pour garantir la sécurité nationale».
Raffermir le front interne
Raffermir le front interne est, selon lui, «d’un intérêt vital pour la cohésion nationale qui, sans elle, on ne peut pas espérer faire de notre pays une nation prospère et puissante». Se disant «pleinement convaincu de la vitalité de cette démarche nationale louable», le chef d’état-major de l’ANP a invité «les chers enfants de la patrie à faire prévaloir les intérêts suprêmes de la nation et à adhérer avec force à cette noble initiative». Cet appel intervient dans un contexte international particulièrement tendu et marqué par le développement de menaces régionales. La consolidation des fondements de l’Algérie nouvelle a, de l’avis du colonel à la retraite Bendjana, besoin «d’un front interne solide, au vu du nouvel ordre mondial, pour faire barrage aux parties hostiles aux pays».
«En usant des discours de la discorde, de la division et de la haine, celles-ci peuvent sérieusement influer sur la sécurité du pays», prévient-il avant de revenir sur l’urgence d’une prise de conscience collective pour une cohésion nationale indéfectible. L’expert affirme qu’«il est extrêmement important de faire front contre toute tentative de toucher à la sécurité nationale qui constitue la base de la stabilité et du développement durable d’un pays». La réussite de cette volonté politique dépend, toutefois, de «l’implication effective de toutes les forces vives de la nation sachant que la cohésion sociale est une responsabilité collective», souligne-t-il.
Pour lui, «cette initiative doit converger vers un projet de société dans toutes ses dimensions, à savoir politique, économique et culturelle». Et comme ce projet a pour but de concilier des positions et des tendances politiques différentes, il estime nécessaire de voir celui-ci «adopter une approche la plus inclusive possible». «C’est un objectif stratégique auquel il convient d’offrir un soutien solide et constant pour sa mise en œuvre où il faut s’y mettre en rang serré et non en ordre dispersé», conclut-il.
Assia Boucetta