Le développement économique vu par des économistes : «Il est temps d’agir»

En recevant, lundi, une délégation de la Confédération nationale du patronat algérien (CNPA), le Premier ministre, Aïmene Benabderrahmane, a insisté, entre autres, sur le rétablissement de la «confiance» entre les composantes du circuit économique.

«Il est temps», estime l’expert dans les affaires économiques Abdelmalek Saraï. Selon lui,  tout le monde est en train de se chercher pour donner un nouvel élan à l’économie qui commence « à se porter mieux depuis octobre 2021 ». Saraï rappelle que les opérateurs économiques veulent  plus de facilités et une meilleure visibilité économique à tous les niveaux, notamment administratif. « D’un côté, il y a  une administration bureaucratique qui rend inefficaces toutes les actions de développement et de l’autre un  gouvernement est disposé à faciliter la tâche aux opérateurs », soutient-il. De ce fait, il relève que c’est au gouvernement de faire le nécessaire. « On ne peut pas demander aux secteurs privé et public de travailler davantage sans pour autant éliminer la bureaucratie mais aussi sans résoudre les problèmes de non-paiement des anciennes factures par le Trésor et l’administration», a-t-il souligné. L’expert indique qu’il y a une volonté politique pour trouver des solutions à tous les problèmes , soutenant que la confiance ne peut être rétablie qu’en éliminant la bureaucratie.
M’hamed Hamidouche, expert en économie, abonde dans le même sens, insistant sur l’urgence de faire sauter le verrou de la bureaucratie. Selon lui, l’administration doit passer de la bureaucratie à la flexibilité. «Il y a une rupture entre le patronat et l’administration», a-t-il constaté .Il estime que le rétablissement de la confiance est une condition sine qua non pour l’adhésion à tout programme de développement.
L’économiste souhaite voir le programme du gouvernement se fixer des objectifs pour améliorer le classement de notre pays dans la Banque mondiale qui aurait pu inciter les services administratifs à se débureaucratiser sur tous les plans. Il pense que ce rapprochement entre le gouvernement et le patronat est une manière d’aller vers des actions opérationnelles pour résoudre les problèmes et dégager des actions prioritaires. Il estime que c’est aux opérateurs de s’exprimer et de faire part de leurs doléances. «Si celles-ci sont urgentes, elles doivent être introduites dans la loi de finances complémentaires de 2022 et la loi de 2023. Si elles ne sont pas urgentes, des textes législatifs ou réglementaires doivent être modifiés pour qu’elles puissent être prises en charge», suggère-t-il.
Pour l’économiste Abderrahmane Mebtoul, il ne peut y avoir de développement. Il dit que le rétablissement de la confiance est l’une des conditions nécessaires pour régler tous les problèmes. Toutefois, il précise que la confiance passe par la probité des responsables, la bonne gouvernance et la préservation du pouvoir d’achat. «La confiance est liée à la bonne gouvernance et à la sauvegarde du pouvoir d’achat», clame-t-il. C’est pourquoi, il estime que «le moment est venu pour passer aux actions concrètes afin de relancer la machine économique qui est une urgence capitale».
Amokrane H.