Le guichet unique, seule alternative

Le Conseil des ministres a procédé, jeudi dernier, à l’examen de la loi sur l’investissement, pour la deuxième fois en quinze jours. Ce même projet a été, en effet, renvoyé la première fois, lors du Conseil des ministres du 8 mai 2022, par le chef de l’Etat, qui avait chargé le gouvernement «de poursuivre l’enrichissement du projet».

Au regard de son importance et de l’attente que suscite cette loi dans le secteur économique, les mesures véhiculées jusque-là dans les discours politiques devraient trouver leur traduction, pour leur mise en œuvre et contribuer ainsi à la relance de la dynamique économique, selon certains analystes. L’économiste Youssef Benabdallah a imputé le retard du secteur économique «à la dépendance du pays aux hydrocarbures, aussi bien sur les paiements extérieurs que sur le plan des budgets de l’Etat». Soulignant «les retombées négatives de la crise sanitaire liée au Covid, lesquelles ont aggravé la situation», l’expert estime toutefois que «la crise a pointé son nez en 2014, soit avec la chute des prix des hydrocarbures». Le Conseil des ministres s’est réuni une deuxième fois sous la présidence du chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, pour entériner ce projet de loi relative à l’investissement. En se basant sur les mesures qu’englobe ledit projet, mesures annoncées dans un communiqué du Conseil des ministres, il s’agit d’un texte qui répond aux attentes des investisseurs et autres industriels, motivés pour la relance économique. Car, désormais, le nouveau projet de loi comprend des mesures susceptibles de pallier les lacunes structurelles de l’économie nationale, telle la bureaucratie, «source de tous les blocages et fuite des promoteurs économiques», selon nombre d’opérateurs économiques. Il a été procédé au changement de l’appellation de l’ANDI, appelée désormais Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI). Ce n’est pas seulement un changement de sigle, mais de pratiques qui ont gangréné pendant des années le secteur des affaires en Algérie. La structure devrait retrouver impérativement sa mission «en lui conférant le rôle de promoteur et d’accompagnateur des investissements». Longtemps revendiqué par les opérateurs économiques nationaux et étrangers, il a été décidé la mise en place d’un «guichet unique à compétence nationale, pour les grands projets et les investissements étrangers, ainsi que la création de guichets uniques décentralisés pour l’investissement local». Cette nouvelle vision, qui traduit les engagements du président de la République, propose un cadre institutionnel pour l’investissement qui garantit l’évaluation de la mise en œuvre de la politique nationale en matière d’investissement. Il était aussi temps pour ce secteur névralgique de l’investissement dans les différents domaines de l’économie du pays de se lancer dans la création d’une «plateforme numérique de l’investisseur pour mettre fin définitivement à la bureaucratie».
 Samira Azzegag