Le MO Bejaïa et la JSM Bejaïa relégués en inter-régions : Yemma Gouraya pleure son football

Cruelle désillusion dans la toute la vallée de la Soummam. Les deux clubs phares de la ville de Yemma Gouraya, la JSM Bejaïa, et le MO Bejaïa sont relégués en inter- régions.

Fait très rare dans l’histoire du championnat national. Jamais en effet en dehors de la capitale, aucune autre ville algérienne n’a vu deux de ses clubs aller ensemble au purgatoire. Une évidence, cette date du 21 mai 2022 restera gravée d’une pierre noire dans l’histoire du football de la capitale des Hamadites. Triste constat pour un pôle footballistique qui a tant donné à tout une région où le sport roi a toujours été plus qu’une passion dévorante et enfanté des grands noms du football algérien, à l’image de feu Rachid Dali, le canonnier de la JSMB et de l’EN, les frères Amaouche et autre Boudahouche, pour ne citer que ceux-là. Les faits sont là et que de regrets nés d’une rivalité sans pareille depuis toujours. Moins d’une semaine après, toute la ville de yemma Gouraya pour ne pas dire toute la vallée de la petite Kabylie, n’arrive toujours pas à accepter l’ampleur des dégâts causés par cette descente aux enfers du MOB et de la JSMB. Bejaouis de toutes souches et toutes couleurs confondues, de sept à soixante-dix-sept ans,sont touchés dans leur amour- propre  par ce scénario catastrophe, jamais imaginé  après la rétrogradation du Mouloudia et de la Jeunesse locale en inter-régions. Et dire qu’il n’y a pas longtemps les deux teams s’étaient parfaitement illustrés en forçant le respect comme en 2008, année du sacre en coupe d’Algérie de la JSM Bejaïa, aux dépens du WA Tlemcen.  C’était la première consécration dans l’histoire du football de la ville de Bejaïa, qui avait, faut-il le rappeler, ouvert la voie à la JSMB pour aller chercher une historique finale de la coupe nord-africaine des vainqueurs de coupe et un doublé en espoirs en 2012. Chez l’éternel rival et frère ennemi, le MOB en 2016 avait fait sensation en atteignant la finale de la coupe de la CAF qu’il a perdue contre TP Mazembe. Mais depuis personne à Bejaïa n’avait réussi stopper au bon moment le déclin qui s’était emparé des deux équipes.
Guerre des clans et gestion catastrophique
Dans les rangs des Vert et Rouge, alors qu’un redressement de la situation s’impose pour mettre fin à un laisser-aller et trouver les solutions adéquates pour renflouer d’abord les caisses du club, les dirigeants du Mouloudia ont préféré s’engager dans la voie des règlements de comptes via des communiqués sans précédent. Au jour d’aujourd’hui, nul ne peut ignorer que cette descente aux enfers est la résultante d’une guerre des tranchées entre la SSPA et le CSA. Un conflit lié à la gestion des subventions étatiques, qui a fini par porter de graves préjudices. La gestion technique de l’équipe, notamment le recrutement, n’a pas été effectuée en fonction des ambitions du MOB mais suivant des intérêts personnels. Dans ce registre,  dans le camp de la JSMB, le président Boualem Tiab est pointé du doigt puisque pour beaucoup il n’aurait pas tenu ses promesses. Idem pour Rachid Redjradj. Résultat ? La gestion approximative a mené l’équipe vers la catastrophe, sans pour autant oublier l’instabilité au sein de la barre technique. Cette situation a fini par déboucher sur un conflit entre le directeur général de la JSMB, Rachid Redjradj, et le président du conseil d’administration Boualem Tiab. Les nombreuses grèves des joueurs réclamant leurs salaires n’ont pas arrangé les choses au point où certains ont conditionné l’amélioration de la situation par la dissolution de la SSPA. Il est clair que  dans  les deux  camps, l’intérêt personnel a pris le dessus sur celui des deux clubs de la Soummam. Le problème du nerf de la guerre a été certes fatal, mais cela n’explique pas tout.
Le MOB et la JSMB ont été victimes de leurs dirigeants qui se sont limités à gérer l’ingérable et sans aucune feuille de route pouvant assurer l’avenir de ces deux formations qui ont défrayé la chronique dans un passé récent. Très dure sera la mission des uns et des autres pour espérer remettre les deux clubs de la ville dans la bonne voie avec l’espoir de retrouver au plus vite leur place d’abord dans l’antichambre de l’élite et entrevoir par la suite, un retour dans la cour des grands. Seule une solidarité sans faille dans les deux bâtisses et un total dévouement équitable des autorités locales permettra à la JSMB et au MOB de renaître de leurs cendres.
Amayas D.