Le mois du patrimoine : Conférences et festivités dans différentes wilayas du pays

Le Mois du patrimoine est une manifestation qui marque le secteur de la culture en Algérie. Programmé du 18 avril au 18 mai de chaque année, cet évènement a pour but, de vulgariser la culture algérienne, renforcée ces dernières années grâce à la mise en place d’une stratégie culturelle nationale qui met en valeur la diversité et la richesse du patrimoine culturel matériel et immatériel. Pour cette année, le Mois du patrimoine est célébré dans les différentes du pays. D’où l’initiative des directions de culture de mettre en place un programme aussi riche que diversifié.

Sétif : sauver le patrimoine en voie de disparition
La région des Hauts-Plateaux a organisé un colloque scientifique à la Maison de la culture Houari-Boumediène. Les participants ont appelé à la nécessité de préserver le patrimoine immatériel, qualifié de «sensible et en voie de disparition». Ils ont abordé la question relative à l’identité, l’histoire, la géographie, l’environnement qui doivent être enregistrées dans une banque de données au niveau local puis national. Ils ont appelé aussi à élargir le champ de la recherche scientifique dans ce domaine, en coordination avec les universités, et à allouer des thèses d’études supérieures liées au patrimoine. Pour eux, le patrimoine immatériel est un facteur important de préservation de la diversité culturelle face à la mondialisation croissante. Ils appellent à une véritable prise de conscience et à l’ouverture d’ateliers pour sensibiliser les citoyens sur l’importance du patrimoine pour le préserver de la disparition.
Mettre en lumière l’histoire de la marine algérienne                                  
Evoquer le patrimoine immatériel, c’est mettre en lumière l’histoire ancienne de la Marine algérienne, à l’époque ottomane, et son rôle dans le maintien de la sécurité et de la stabilité au niveau de la mer Méditerranée. La Marine algérienne accordait des licences dans le cadre de la navigation internationale, permettant le passage de divers navires marchands. Dans ce contexte, le visiteur peut faire de sacrées découvertes au Musée public national de la miniature et de la calligraphie Dar Mustapha-Pacha, qui accueille une exposition sur «la Marine algérienne à l’époque ottomane»,  ses commandants de flotte, les batailles et les traités avec les pays les plus puissants du monde à l’époque, et quelques manuscrits. L’exposition consacre également un volet aux navires de guerre les plus importants de la flotte navale à l’époque.
 Valoriser le patrimoine immatériel amazigh                                  
L’Université de Bejaïa a également lancé un appel pour organiser une journée d’étude sur le «Patrimoine culturel immatériel amazigh» le 17 mai afin de débattre des pratiques du patrimoine culturel immatériel et leur impact sur la construction de l’identité amazigh. Cette rencontre scientifique  verra la participation d’experts, chercheurs et professeurs et qui devront aborder plusieurs axes dont
«l’inventaire du patrimoine culturel amazigh», «les mesures de préservation, de valorisation, de transmission et de classement du patrimoine culturel immatériel amazigh», ainsi que «la contribution des femmes à la préservation du patrimoine» et «le patrimoine dans la littérature, le système éducatif, les médias et la numérisation».
Suggestion de classement de 6 sites à Mila                                                   
Les services de la Direction de la culture et des arts de la wilaya de Mila ont proposé à la commission de wilaya des biens culturels, le classement de 6 sites archéologiques qui se trouvent dans la région. Ils seront ajoutés à la liste des 12 biens culturels existants actuellement. Les biens dont les dossiers ont été soumis à la commission sont représentés dans le site archéologique Tamda, dans la commune d’Ahmed Rachdi,  qui associe monuments et cascades, ce qui confère à sa valeur patrimoniale une valeur touristique, et le site archéologique «Kaf Tazrout», qui remonte à l’époque romaine dans la commune d’Aïn El Moulouk. Il a également suggéré de classer les puits d’Aghlad, dans la commune d’El Mchira qui sont au nombre de 4 et qui remontent à l’époque romaine, dont deux sont encore en bon état.                                                                                 
Tlemcen valorise les danses traditionnelles                                                
Afin de mettre en lumière le patrimoine immatériel de la région et la nécessité de le protéger et de le promouvoir, les institutions culturelles et les différents musées de la wilaya de Tlemcen ont préparé un programme aussi riche que varié. Il porte sur la valorisation des danses traditionnelles, telles que «el aâlaoui» dans la région d’Ouled Nhar,  el ârfa» à Mssidra, et el saff, toutes connues dans les régions de Tlemcen. S’y ajoute aussi la musique de Tlemcen, comme el hawzi, et el houfi, qui seront présentées lors de soirées artistiques qui leur sont dédiées pour les préserver et les faire découvrir. Il s’agit d’un patrimoine immatériel qui fait partie intégrante de l’identité culturelle de la région qui le préserve jalousement.                                                                  
Expositions à Mascara                                                                                     
La maison de la culture Abi Rass El Naciri de Mascara vit actuellement au rythme d’une participation remarquable des jeunes chercheurs et des étudiants de l’Université Mustapha-Stambouli. Ils participent à des expositions organisées par la Direction de la culture et des arts, sur l’artisanat de fabrication locale. Au programme, une autre exposition des plus importantes photos des sites historiques et archéologiques de la région. D’anciens manuscrits et des peintures à l’huile mettant en valeur les coutumes des habitants de Mascara ont également été exposées. Il est prévu aussi des spectacles folkloriques, des soirées andalous et issaoua, en plus de représentations théâtrales locales. Deux concours sur le meilleur plat traditionnel et la meilleure expression écrite seront organisés en plus des visites pédagogiques de monuments archéologiques et historiques de la région. S’y ajoute aussi des ateliers de formation sur la sécurisation du patrimoine culturel, la restauration de la poterie et la technique de préservation et d’entretien de manuscrit.                                                          Nâama fait revivre le patrimoine local                                                            
La Direction de la culture et des arts de la wilaya de Naâma a mis en place un programme culturel diversifié, dont des expositions mettant en valeur les produits artisanaux traditionnels. Des conférences seront animées par des spécialistes du domaine culturel et du patrimoine local, qui vont aborder les sujets de la poésie populaire et les rituels de mariage, et les danses.  Il est prévu aussi des visites pour les étudiants universitaires dans les anciens palais, sites et monuments de la région, dont celui de Ras El Djir.
Rym Harhoura