Le pèlerinage revient après deux ans de suspension : Le hadj, très «cher» cette année

Le pèlerinage ne constitue pas une obligation sauf si le croyant est en mesure de l’accomplir physiquement et surtout…matériellement. Et c’est là où le bât blesse.

Au fil du temps et des circonstances économiques, les personnes qui profitent de ce rite religieux sont de moins en moins nombreuses. La cause: les frais exigés pour se rendre sur les Lieux Saints connaissent des hausses vertigineuses. Cette année, et après une longue suspension décidée en raison de la pandémie ravageuse qui a secoué le monde entier, le Hadj est toléré, mais à un prix qui dépasse tout entendement. Le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, Youcef Belmehdi, a reconnu cet état de fait, mais a tout de même rassuré que l’Algérie a arraché les meilleures offres comparées à d’autres Etats. Pour mener à bien cette opération tant attendue par les fidèles, l’Office national du pèlerinage et de la omra a pris les devants et a déjà commencé les préparatifs en rendant publiques  les conditions instaurées par les autorités compétentes. Pour s’envoler vers l’Arabie saoudite et accomplir enfin les rites recommandés à La Mecque afin d’obtenir les récompenses divines, il faudra débourser une somme de 856.100 dinars, frais du billet d’avion inclus. Soit une hausse de 30 millions par rapport à la saison de 2019. Le premier responsable du secteur des Affaires religieuses a expliqué que cette augmentation est justifiée par les coûts des transactions au niveau mondial ayant subi des modifications du fait des retombées de la pandémie de la Covid-19. L’essentiel pour lui serait de garantir toutes les conditions nécessaires devant permettre aux futurs hadjis de réaliser ce rêve de toute une vie.
Pour ce faire, il a rassuré que tous les secteurs sont mobilisés pour la réussite de cette saison à commencer par les agences de voyage qui passeront au crible afin d’éviter tout désagrément ou ennui aux pèlerins que ce soit durant le voyage où pendant l’accomplissement de ce cinquième pilier de l’islam. Le ministre a insisté lors d’une récente sortie médiatique sur l’importance de la coordination intersectorielle notamment en ce qui concerne les conditions primaires du hadj relatives à l’examen médical, l’obtention du pass-sanitaire, le paiement des billets et la réservation en ligne. Rappelons que lors du dernier hadj, seuls une dizaine de milliers de fidèles résidant en Arabie saoudite avaient pu effectuer ce devoir religieux, contre 2,5 millions de participants en 2019.
Le Royaume avait dicté des restrictions pour éviter des contaminations sur son sol. Ainsi le hadj représente chaque année un défi logistique important. Ce pèlerinage que tout musulman souhaite atteindre a été, faut-il le souligner, entaché par des incidents mortels dus aux bousculades des fidèles. Ce qui avait d’ailleurs suscité des critiques qui ont remis en cause la gestion du grand pèlerinage. N’empêche, il demeure une immense source de revenus puisque les pèlerins injectent annuellement 10,6 milliards d’euros dans l’économie saoudienne.
Karima Alloun