Le président de la République a signé le décret : l’APN officiellement dissoute

C’est officiel. L’assemblée populaire nationale (APN) est dissoute. Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a signé, dimanche soir, le décret de sa dissolution de l’APN, mettant ainsi à exécution son annonce de jeudi dernier à l’occasion de son discours à la nation. Sur le plan réglementaire, cette dissolution survient en application de l’article 151 de la nouvelle Constitution adoptée le 1er novembre 2020 à l’issue d’un référendum populaire stipulant que «le président de la République peut décider de la dissolution de l’Assemblée populaire nationale ou d’élections législatives anticipées». Dans le même temps, l’article 151 définit les termes des élections législatives, indiquant qu’elles doivent avoir lieu «dans un délai maximal de trois mois», précisant que «dans le cas où ces élections ne peuvent être organisées dans les délais prévus en raison d’une impossibilité quelconque, ce délai peut être prorogé d’une durée maximale de trois mois après avis de la Cour constitutionnelle». Il faut dire que la décision de la dissolution de la Chambre basse du Parlement avait été accueillie favorablement par la classe politique. Pour elle, elle reflète «la forte volonté du Président à concrétiser ses engagements envers le peuple» ainsi qu’à en finir avec une Assemblée critiquée de toutes parts pour son inertie. Les partis politiques ont estimé que la décision présidentielle est de nature à permettre «l’édification de l’Algérie nouvelle sur de nouvelles bases et un véritable nouveau départ».

Aussi la signature effective du décret présidentiel portant dissolution de l’APN et l’annonce de la tenue d’élection législatives anticipées, normalement dans les trois prochains mois, selon les dispositions de l’article 151 de la Constitution, met d’ores et déjà en ordre de bataille les partis politiques désireux de s’engager dans le scrutin électoral. En effet, la concurrence s’annonce féroce entre l’ensemble des formations politiques, notamment celles qui souhaitent préserver leur hégémonie sur l’Assemblée nationale, à savoir le Front de libération nationale et le Rassemblement national démocratique. Par ailleurs, il est utile de noter que deux nouveautés augurent la future APN : une entrée massive des jeunes de moins de 35 ans sans attache partisane et des femmes. Et pour cause, le projet de la loi électorale élaborée par l’équipe du professeur Laraba a recommandé l’encouragement de la candidature des jeunes de moins de 35 sur des listes indépendantes en finançant leur campagne électorale. La commission a préconisé la parité des candidatures femme-homme pour les partis.

Fatma-Zohra Hakem