Le président du Comité algérien de solidarité avec le peuple sahraoui : «L’Algérie respectée et consultée»

Le président du Comité national algérien de solidarité avec le peuple sahraoui, Saïd Ayachi, a affirmé, ce dimanche, que l’Algérie devient une partie incontournable dans les relations internationales. Preuve en est le ballet diplomatique de nombreux chefs d’Etat enregistré dernièrement.

« Notre pays est connu pour sa diplomatie agissante inspirée de nombreux invariants qui datent de la guerre de Libération nationale », a-t-il précisé sur les ondes de la Radio nationale. Sur les raisons   des ces récentes visites étrangères en Algérie, Ayachi explique que la planète se porte mal. Par conséquent, en matière de résolution des conflits, il y a beaucoup à faire, notamment en ce qui concerne la crise ukrainienne où l’Algérie a été également consultée pour ce qui est de sa contribution à pouvoir aplanir les différends entre les protagonistes. D’ailleurs, indique-t-il, elle a été choisie comme porte-parole de la Ligue arabe concernant cette question. A titre explicatif, le responsable relève que le déplacement du ministre des Affaires étrangères russe à Alger constitue une visite d’éclaircissement sur le confit,  afin notamment de contrecarrer la propagande anti-russe. Il ajoute que la Russie est un «ami stratégique de l’Algérie qui sait très bien qu’elle peut apporter une contribution significative». Sur le plan géopolitique, Ayachi pense que le monde s’oriente vers une gestion multilatérale. Il y aura, dit-il, un avant et un après-Ukraine, et des bouleversements profonds vont se faire sentir dans les relations internationales. Le monde deviendra multipolaire et c’est tant mieux, affirme-t-il, puisqu’il est question d’instaurer un rééquilibrage politique auquel les Etats s’y préparent déjà. Dans cette optique, Ayachi a évoqué le la politique marocaine qui tente de porter atteinte à l’image de l’Algérie. « Le makhzen tente de falsifier et tronquer les déclarations des uns et des autres dans le cadre d’une campagne médiatique hostile au pays», précise-t-il. Le but étant de «faire perdurer le statuquo au Sahara occidental à travers la politique du fait accompli». Il a rappelé que la politique colonialiste marocaine au Sahara occidental est soutenue par peu de pays dans le monde.
Nouveau rééquilibrage
Dans ce sillage, il signale que les marocains n’ont aucun argument à faire valoir s’agissant  de l’occupation de ce pays. Le dossier du Sahara occidental avance-t-il au niveau des Nations unies ? Ayachi regrette ce qu’il qualifie de «léthargie» qui est au niveau du Conseil de sécurité. «On dirait qu’il n’est pas pressé de régler ce problème. On annonce une prochaine tournée de Staffan de Mistura, et il est attendu qu’il fasse des propositions concrètes », note-t-il. Et de rappeler que l’Algérie fait preuve d’une cohérence totale dans ses positions concernant le Maroc, affirmant «qu’il existe une logique certaine dans les propos de Ramtane Lamamra au sujet de la rupture diplomatique décidée à l’encontre de ce pays voisin, et l’Algérie dit ce qu’elle pense clairement sans aucune médiation». Il souligne que le Maroc a osé l’intolérable «en installant un poison comme Israël à nos frontières». Le même responsable pense que le nouveau rééquilibrage du monde mènera assurément à une réforme des Nations unies. La solution réside, d’après lui, «dans la solidarité internationale». Il cite, à titre d’exemple, les consultations du président de la République qui a «appelé au renforcement intérieur, ce qui est une nécessité pour pouvoir compter demain dans le concert des nations et défendre ainsi la souveraineté et l’intégrité territoriales dans la région minée par de nombreuses menaces, d’autant que l’Algérie est ciblée depuis longtemps».
Karima Alloun