Le sable, l’allié de l’imagination : Il séduit grands et petits 

A la plage, tous les coups sont permis. Cela est bien connu. Et pour les estivants, ce sont surtout les coups de pelle qui sont les plus prisés. Grands et petits ne résistent pas à l’appel du sable. Malaxé, écoulé entre les doigts, filant plus vite que le temps ou utilisé comme matériau de construction, ses utilisations en bord de mer sont multiples.
Les enfants s’arment de pelles, de seaux, de petits râteaux et arrosoirs pour créer le monde de leur imagination. Donner libre court à leurs idées les plus farfelues, construire leur idéal et venir fièrement l’exposer aux yeux des adultes.
Parmi ceux-là, ceux qui ont gardé leur âme d’enfant ne craignent ni  regards moqueurs ni remarques, quand eux mêmes succombent à la tentation de la construction.
A partir de ce moment, tout un chacun se découvre une vocation d’architecte, des talents d’ingénieur en bâtiment que rien ne vient déranger.
Fin ou épais, blanc ou doré, sec ou mouillé, le sable séduit sous toutes ses coutures.
Des châteaux forts sont érigés par les uns, des puits creusés par d’autres jusqu’à trouver de l’eau ou des dessins tracés par le reste, tous les coups sont permis !
Queue et corps de sirène sont créés pour cette jeune demoiselle enfouie dont seule la tête dépasse. Une piscine privative fabriquée par enfants et parents vient égayer la journée des plus petits. Un trou béant est creusé, quasi machinalement par ce jeune qui se penche au maximum pour atteindre des trésors enfouis. Vers, animaux et insectes marins emplissent le fond de son puits. Des coquillages viennent embellir les constructions sophistiquées des perfectionnistes. Les pieds endoloris viennent s’enfouir en dessous du sable chaud qui guérit arthrose et douleurs. Tant d’utilisations de cette merveilleuse matière sont observées sur les plages pour qui y prête attention.
Il s’agit même d’une passion, une pulsion, pour ceux qui ne peuvent s’empêcher de s’enduire les mains de sable, même au risque de faire croustiller leur déjeuner !
Emporté dans une petite bouteille en verre, il se fait souvenir d’une journée mémorable passée. Ramené dans de grands sacs en plastique, il servira de matière première pour les artistes.
Les fainéants aussi y trouvent leur compte en se fabriquant des oreillers à partir de sable en dessous de leur serviette. La sieste n’en sera que meilleure ! D’ailleurs, pour empêcher que la serviette ne soit emportée par le vent, il fait office de poids à chacun de ses coins.
Il faut pourtant faire attention. Éphémères constructions, il vaut mieux ne pas trop s’attacher aux réalisations faites à partir du sable. Un simple geste maladroit, un coup de pied volontaire ou non, une vague un peu trop puissante, peuvent en un instant faire partir en fumée l’ouvrage de toute une matinée.
Le château de sable s’écroule alors comme un vulgaire château de carte, la piscine s’effondre et emporte avec elle les trésors marins et le contenant se brise, éparpillant les grains et rappelant ainsi, la fragilité et la courte espérance de vie des belles choses.
Sarra Chaoui