Le syndicat des taxis : Le facteur humain n’est pas l’unique responsable

Le retrait du permis de conduire pour infraction routière est suspendu. Mais il semble que cette mesure n’a pas suffi à réduire l’hécatombe routière. C’est ce qu’estime le représentant du Syndicat national des chauffeurs de taxi de la wilaya de Blida, affilié à l’Union nationale des commerçants et artisans algériens (UGCAA).

«Avant cette décision, le délai de transfert des permis du lieu où l’infraction est commise vers le lieu de résidence peut prendre des mois et parfois ces permis sont égarés. C’est la raison pour laquelle je dirais que cette décision va mettre un terme à cette situation», a-t-il expliqué. Selon lui, le retrait ou non du permis n’a rien à voir avec la réduction du nombre d’accidents.
Pour lui, le facteur humain n’est pas l’unique responsable de la hausse des accidents. Plusieurs paramètres sont à prendre en compte. «Il faut d’abord voir l’état des routes qui se dégradent de plus en plus et c’est la mission des travaux publics. Certains tançons sont impraticables et ce, depuis des années et aucun responsable ne s’est donné la peine de lancer des travaux de réhabilitation», souligne-t-il. Et de rappeler qu’en cas de fortes pluies des réseaux entiers deviennent impraticables.  «Le dossier des accidents de la route est très complexe et nécessite un travail étroit de plusieurs secteurs», rappelle-t-il. En outre, «la prévention ne se limite pas à la distribution des prospectus et des dépliants».
In fine, le responsable note qu’en l’absence d’une éducation routière dès le jeune âge, «aucune mesure dissuasive ni force de l’ordre ne pourront stopper ce drame», a-t-il poursuivi. L’éducation routière doit figurer dans le programme scolaire comme cela se fait dans plusieurs pays. Au volet de la formation, le représentant des chauffeurs de Blida s’est aussi attardé sur la qualité de la formation assurée par les auto-écoles. «Les personnes qui travaillent dans le secteur des transporteurs de voyageurs n’ont aucune formation spécialisée», a-t-il ajouté.  «Comment voulez-vous réduire l’ampleur de ce phénomène quand personne ne tolère l’autre, quand on n’entend que des insultes et des mots déplacés, une métamorphose totale», se désole-t-il.  Pour lui, l’implication des médias est une nécessité. «On voit toutes sortes de publicités mais aucun spot d’intérêt général sur la prévention routière», a-t-il regretté. Il a rappelé que le syndicat des transporteurs a tiré la sonnette d’alarme avant d’en arriver à cette situation. «Malheureusement, personne n’a pris en compte nos propositions et nous sommes en train de payer la facture très cher», a-t-il indiqué.
Pour en finir avec cette tragédie qui endeuille chaque année des milliers de familles, l’Etat doit réunir tous les intervenants et de leur donner les moyens. «La décision relève du politique pour prendre une décision ferme et radicale pour arrêter cette hécatombe», a-t-il conclu.
Samira Belabed