Le temps de l’innovation

La création d’entreprise est désormais le credo de l’Algérien, éveillé à l’importance de son rôle dans la diversification de l’économie. Ainsi, dans la voie classique, il y a la tendance à la simplification des procédures et des intervenants administratifs pour faciliter le montage de son entreprise et la réalisation de ses investissements, accompagnée de l’élaboration d’un nouveau code des investissements, de mesures d’assainissement du climat des affaires et la révision des politiques d’encouragement. A ce volet se sont greffées la réforme des dispositifs de création de micro-entreprises et la mise en avant de la création de start-up, comme points forts de la nouvelle orientation imprimée par les pouvoirs publics qui lui ont dédié tout un ministère pour en souligner l’importance.
Ce n’est pas tout, car il y a une forte volonté politique pour conforter cet élan en faveur des créateurs d’entreprises, y compris parmi les catégories les moins nanties en capitaux, même s’ils sont dans l’obligation d’occuper un emploi le temps de prendre de l’assurance et d’ancrer de manière suffisamment solide leur entreprise sur le marché. Lors de la dernière réunion du gouvernement, un avant-projet de loi portant statut de l’auto-entrepreneur présenté par le ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé de l’Economie de la connaissance et des Start-up, révèle quelques avantages pour promouvoir ce nouveau profil d’entrepreneur. Si l’on ne connaît pas encore les détails du texte, on peut déjà en avoir une bonne idée en jetant un œil sur la législation d’autres pays en la matière. A titre d’exemple, en France, les catégories ciblées sont les étudiants, les salariés, les demandeurs d’emploi, les retraités… Le créneau est ouvert à tous, y compris aux ressortissants hors Union européenne, sans exigence d’apport de capital, de démarches administratives et une comptabilité hyper simplifiée, des charges sociales payables au prorata des recettes, etc.
Nul doute que ce type d’entreprise exercerait un attrait certain sur les catégories ciblées
et permettrait de densifier notablement le paysage entrepreneurial national qui a besoin, chaque année, de milliers d’entreprises nouvelles pour permettre à l’économie nationale d’approcher les normes admises. En France et en Allemagne, le nombre de PME-PMI approche les 4 millions (67,3 et 83,2 millions d’habitants respectivement), et plus de 5 millions en Italie (59,5 millions d’habitants), contre 1,2 million en Algérie pour une population de 43,8 millions d’habitants. Toutefois, l’attrait ne suffirait pas. Il faudrait aussi prévoir l’accompagnement nécessaire afin que le taux de mortalité soit suffisamment bas pour ne pas décourager les candidats. Il était temps, en tout cas, de libérer les initiatives et le grand potentiel dont dispose l’Algérie qui doit également faire sauter tous les verrous qui empêchent les Algériens d’occuper tous les champs d’investissement. Le temps de l’économie fonctionnarisée est révolu, place aux innovants et aux créatifs.
O. M.