L’écrit face au numérique : L’inéluctable alternative

La survie de la presse écrite est tributaire de sa capacité de s’adapter à la nouvelle donne numérique. Un constat établi par les professionnels des médias, selon qui, ce support d’information devient de plus en plus coûteux sur le plan économique et de moins en moins efficace sur le plan médiatique. Riad Houili, directeur de publication du quotidien Akhbar El Watane, constate que l’étiolement de la presse écrite est un phénomène mondial. Et ce en raison, explique-t-il, de la hausse des coûts de la fabrication du journal, qui dépassent les revenus des ventes, outre la régression du taux de lectorat. «Rien qu’au cours des deux derniers mois, le prix du papier journal a quadruplé et le prix de vente des exemplaires tirés couvre à peine 0,25% des coûts de la fabrication», précise-t-il. Aujourd’hui tous les médias classiques sont présents sur les différentes plateformes des réseaux sociaux à même de permettre la diffusion et la réception faciles et en temps réel des informations, ajoute-t-il. Cette transformation numérique que connaît le paysage médiatique est non sans conséquences sur la version papier des publications, ajoute le responsable. Houili relève dans la foulée que certains journaux recourent à des solutions «provisoires» à l’instar de la revue à la hausse du prix de vente du journal ou encore la réduction du tirage.

Menace d’une disparition progressive
«Les médias qui ne sont pas en mesure de s’adapter à ces transformations risquent de disparition progressive», affirme-t-il. Pour le responsable, il est plus judicieux de se faire une place dans la sphère numérique. Et ce à travers des contenus médiatiques susceptibles d’attirer les usagers des réseaux sociaux et de susciter leur réactivité et par ricochet avoir plus de revenus publicitaires générés dans ces espaces. «La publicité numérique s’érige en alternative, tant le nombre de visiteurs de certains sites électroniques dépasse les 500.000 par jour», argue-t-il. Selon lui, l’avènement du numérique s’est opéré rapidement sans laisser le temps de s’y adapter. Cependant, il estime que la presse écrite pourra se rattraper et prendre le train en marche. «Se mettre au diapason de cette révolution est un impératif, il y va de la survie des médias, mais aussi et surtout de la défense des intérêts du pays. D’autant plus que nos sites connaissent une présence timide sur les moteurs de cherche mondiaux par rapport à d’autres pays», souligne-t-il. Et de poursuivre : «Les chiffres du ministère de la Communication indiquent que le domaine DZ recense seulement 130 sites électroniques hébergés. Un nombre dérisoire comparativement aux pays voisins, dont le nombre des sites efficaces frôle les 600.»
L’espace numérique devient le nouveau ring des enjeux géopolitiques et de l’orientation des politiques régionales et internationales, estime Houili. «Pas moins de 1.200 sites étrangers mènent une campagne d’hostilité contre l’Algérie», appuie-t-il. Il insiste, par ailleurs, sur l’impératif d’un système médiatique fondé sur le professionnalisme à même de constituer un support de défense des intérêts du pays et de mise en évidence de sa politique étrangère. D’où l’importance, juge-t-il, de bien élaborer les textes juridiques régissant les différents segments de la presse.
 Aziza Mehdid