Législatives : C’est la course pour la constitution des dossiers de candidature

Branle-bas au sein  des partis politiques. L’opération de collecte de signatures et de constitution des dossiers de candidatures pour le scrutin du 12 juin prochain a commencé depuis quelques jours et se présente bien pour la plupart des formations. Ces dernières estiment favorables les conditions contenues dans la nouvelle loi électorale qui visent surtout à encourager les jeunes et les femmes à s’impliquer et à barrer la route à «l’argent sale».

 

Sofiane Djilali président de Jil Djadid confie, qu’au niveau des wilayas, le parti a pratiquement retiré les imprimés et les formulaires de signatures qui seront distribués aux militants. «Il n’y a pas de problème majeur, hormis quelques wilayas du Sud, en particulier celles ayant fraichement été créées et qui n’ont pas reçu, jusqu’à hier, les formulaires», affirme-t-il. «Pour ce qui est des nouvelles exigences, notamment l’extrait de rôle, je pense que c’est fait sciemment pour les gens qui ont des dettes vis-à-vis des impôts. Il ne faut pas chercher à travers la députation à avoir une immunité. On est juste à la phase préparatoire. Ce n’est qu’à la fin de la semaine qu’on va connaître la nature des difficultés», a-t-il renchéri. Le parti commencera l’authentification des signatures dans le courant de la semaine et aura à peaufiner ses candidatures jusqu’au 22 avril.
Belkacem Sahli, secrétaire général de l’ANR fait état de «quelques problèmes dans certaines wilayas». «La distribution des formulaires tarde un peu au niveau de quelques délégations de wilaya par l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE). Il faut s’attendre aussi à des soucis lors de la légalisation qui n’a pas encore commencé, car les coordinations locales de l’ANIE n’ont pas encore reçues d’instructions», confie-t-il. Il  évoque aussi  «un petit flou au niveau des conditions concernant les candidatures et la constitution des dossiers». L’extrait de rôle n’était pas exigé par le passé et personne ne sait encore si les certificats de scolarité ou les diplômes sont obligatoires pour l’ensemble des candidats. «Les délégués de l’autorité ne sont pas en mesure de répondre à ces questions», déplore Sahli.  L’ANR a saisi l’ANIE pour fournir des explications sur quelques dispositifs de la nouvelle loi électorale. «Pourquoi attribuer 300 formulaires à certaines wilayas, dont le nombre correspond à celui des signatures ? », s’interroge-t-il. «La moindre erreur leur est fatale», regrette-t-il.
Des dispositions  à clarifier
Safi Larabi, chargé de communication du RND ne cache pas son optimisme. Le parti a entamé l’opération de retrait des imprimés et la collecte des signatures depuis quelques jours. Notre interlocuteur plaide toutefois pour l’élaboration par l’ANIE de textes d’application afin de consacrer la parité. «L’opération avance bien et aucun blocage n’a été signalé»,  assure-t-il.
Abdelkader Saâdi, président par intérim de Talai el Houriyat fait savoir, qu’environ 15 wilayas vont retirer les imprimés». «On fera tout pour réunir les 25.000 signatures. Cela est à notre portée. Dans la loi électorale, les conditions de candidature ne sont pas tellement difficiles à honorer», lâche-t-il. S’agissant de la parité, il soutient que son application dans les grandes villes ne posera pas de problème.  «La difficulté se fera sentir au niveau des petites villes. N’empêche, ce choix doit être fait pour consolider les droits des femmes dans la sphère politique», proclame-t-il avant de mettre en avant l’importance de pousser les jeunes, ossature de son parti à assumer des responsabilités.
A en croire Naâman Laouar, cadre du MSP, «l’opération, pour le moment, ne pose aucun problème hormis la présence exigée  du signataire qui suscite des hésitations chez de nombreux  citoyens». Rappelant que tous les partis doivent collecter 25.000 signatures après la suppression de l’exigence des 4%, il a qualifié la mesure de «transitoire».  Selon lui,  elle concerne  uniquement les législatives et a pour but d’assainir le processus électoral. «C’est une démarche compréhensible qui exprime  une volonté politique forte qui peut faire disparaître  les pratiques malsaines du passé», conclut-il.
Karima Alloun