Législatives françaises : L’alliance présidentielle perd sa majorité absolue

La coalition menée par le Président, Emmanuel Macron, est arrivée en tête du second tour des élections législatives en France, tenu dimanche dernier, devant l’alliance de la gauche, mais elle a perdu  sa majorité absolue à l’Assemblée nationale.

La confédération Ensemble, regroupant le parti d’Emmanuel Macron La République en marche (LREM) – rebaptisé «Renaissance», MoDem et Horizons, ont obtenu une «faible majorité relative», devançant la coalition de gauche, rassemblée sous la bannière de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (NUPES). La coalition présidentielle est créditée, selon les résultats rendus publics tard dans la soirée, de 245 sièges à l’Assemblée, loin des 289 députés nécessaires pour avoir la majorité absolue. L’alliance de gauche Nupes, menée par Jean-Luc Mélenchon, a obtenu 135 députés, et devient la première force d’opposition à l’Assemblée, à la place de la droite, selon ces projections.
Le parti d’extrême droite Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen obtient, lui, 89 députés, selon les mêmes sources.  Quant à la droite classique (LR), elle se retrouvera en position d’arbitre avec 61 députés. L’un de ses responsables, Jean-François Copé, a appelé dimanche soir à un  pacte face aux «extrêmes» entre son parti et la majorité. Ce panorama replace le Parlement au centre du jeu politique français, une première sous la Ve République, un régime présidentiel créé par le général de Gaulle en 1958, justement pour éviter l’instabilité du régime parlementaire qu’était la IVe République.
Ce scrutin parachève, par ailleurs, un long cycle électoral qui aura confirmé une vaste recomposition politique en France autour de trois blocs au détriment des partis traditionnels de droite et de gauche, entamée avec l’élection de Macron en 2017.  La journée de dimanche dernier avait mal commencé pour la majorité présidentielle avec l’échec  en Guadeloupe de la secrétaire d’Etat chargée de la mer, Justine Benin, battue par le candidat de gauche. Et les mauvaises nouvelles se sont succédé dans la soirée : la ministre de la Santé, Brigitte Bourguignon, a été battue par sa rivale du RN, de même que la ministre de la Transition écologique, Amélie de Montchalin, défaite par une candidate de la gauche. Conformément à une règle non écrite mais déjà appliquée en 2017 par Emmanuel Macron, les ministres battus devront quitter le gouvernement. Et de hauts responsables proches de Macron dont le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, et le patron des députés, Christophe Castaner, ont également été battus. Pour le président Macron et son entourage, il faut réussir à consolider une force politique parlementaire pour pouvoir espérer faire passer ses textes avec un minimum de sérénité.  «Nous travaillerons dès demain (lundi, Ndlr) à construire une majorité d’action», a déclaré la Première ministre Elisabeth Borne dimanche soir, estimant qu’il n’y a «pas d’alternative à ce rassemblement pour garantir la stabilité».
Il faudra trouver «les bons compromis», a-t-elle dit. De leur côté, tous les partis de la gauche à l’extrême droite ont proclamé leur «responsabilité», laissant entendre qu’ils ne seraient pas dans l’opposition systématique pour bloquer le gouvernement mais qu’ils étaient ouverts à négocier.