Les énergies renouvelables : Seule  alternative, selon les experts

L’Algérie est face à une équation ardue. Alors que la  production en hydrocarbures conventionnels est en déclin depuis quelques années, la consommation énergétique nationale a atteint des seuils  vertigineux. Des experts dans le domaine pétrolier soulignent que la dépendance aux hydrocarbures devra s’inscrire comme étant de l’histoire ancienne et ouvrir une nouvelle page, celle des énergies renouvelables.

 «Ce n’est pas un choix mais plutôt une obligation», a souligné Tawfik Hasni, expert en transition énergétique. «Nous avons des réserves hypothéquées. Si nous continuons à ce rythme d’exploitation, et avec la facture de consommation importante, nos réserves seront épuisées d’ici à 2030», a-t-il dit, soulignant qu’on ne peut aujourd’hui parler de réserve qu’après avoir foré au moins un puits. «C’est ce qui nous permettra d’avoir une évaluation plus ou moins précise». Une  étude de réservoir devra se faire pour  définir la quantité maximum que l’on peut soustraire  pour préserver le champ. «Ceci peut prendre plusieurs années», a-t-il souligné. «Est-ce que nous aurons besoin du pétrole ?», s’est-il interrogé,  avant de répondre que la tendance actuelle mondiale, notamment suite au conflit ukrainien, tourne le dos au pétrole. Il cite l’exemple de l’électrification du secteur des transports et la Cop 26 qui s’est attaquée frontalement aux énergies fossiles, premières responsables du changement climatique. Elle a prôné de minimiser au maximum leur utilisation, a-t-il rappelé. Hasni a fait observer que plusieurs pays se sont inscrits dans cette optique de transition énergétique. «C’est une question de survie», a-t-il dit avant d’ajouter : «notre sécurité énergétique ne peut plus être assurée ni par le pétrole ni par le gaz. Nous avons de quoi couvrir 10 fois la consommation mondiale en énergie renouvelable», a-t-il déclaré.
Augmenter le taux de récupération
Pour sa part, Daoud Sahbi, président du club Energie, a indiqué que l’avenir du pays est dans les énergies nouvelles, citant entre autres l’hydrogène. «Le nucléaire devrait faire partie de notre mix énergétique à horizon 2030/2040», a-t-il dit avant d’ajouter : «nous devrions nous y préparer pour le moyen et le long terme». Lui aussi est convaincu du fait qu’il ne faut plus compter sur les énergies conventionnelles d’autant qu’elles sont en baisse. Les réserves restantes sont de12 milliards de m3, a-t-il dit, ajoutant qu’à fin 2020,50%des réserves ont été consommées. «En revanche, une baisse de la production est constatée depuis 2006 et les nouvelles découvertes ne sont pas significatives ». Il souligne que les réserves de remplacement (nouvelles découvertes) représentent 10% de la consommation annuelle. L’expert soutient que ceci ne veut surtout pas dire qu’il faut arrêter l’exploration. Il est nécessaire, a-t-il recommandé, d’«augmenter le taux de récupération des réserves en place notamment  des grands gisements, tels Hassi Messaoud, Berkine … Actuellement nous récupérons à peine27%des réserves en place. Si nous arrivons à augmenter ce chiffre de  1 à 2%,c’est comme si nous découvrons un gisement énorme. Pour ce faire, il faut de la technologie, des investissements lourds et des partenariats étrangers». Pour cet expert, il va falloir tirer profit du potentiel récupérable d’hydrocarbures non conventionnels, notamment le schiste.  Il préconise également la rationalisation de la consommation énergétique, d’aller vers les énergies vertes et d’opter pour la fabrication des matériaux de construction moins énergivores.
Wassila Ould Hamouda