Les experts insistent : Ne pas laisser place à la rumeur

Pour faire de la communication institutionnelle un vecteur de développement national, les spécialistes estiment nécessaire de combler beaucoup de manquements afin que l’information diffusée soit fiable et crédible. Leur souci majeur : «rentabiliser ce type de communication pour améliorer l’image du pays et rendre visible les innombrables acquis réalisés à l’ère de l’Algérie nouvelle.»
Laïd Zoghlami, expert en médias,relève que la communication institutionnelle s’édifie sur la présence d’une cellule dédiée à cet effet au niveau de chaque entité. C’est le socle sur lequel repose cette action, laquelle doit être développée au niveau de toutes les institutions privées ou publiques sensées produire un message au grand public.  L’expert explique qu’actuellement le grand problème de la communication institutionnelle est bel et bien «la rétention» et le manque d’interactivité et de réactivité. « L’information produite doit être diffusée, poursuit-il, pour ne pas laisser le chemin libre à la rumeur et aux supputations », soutient-il. Zoghlami affirme que ceux qui détiennent le pouvoir de décision doivent alimenter la communication institutionnelle pour notamment préserver l’image du pays « qui fait face à beaucoup  de campagnes médiatiques hostiles ». «Les positions algériennes sont claires et il faut bien qu’il y ait des acteurs qui les diffusent sur le plan national et international. Je crois que là, il existe un manque d’accompagnement médiatique en l’absence de données fiables et vérifiables», a-t-il souligné,  précisant également que la communication institutionnelle ne doit pas être le monopole d’un seul responsable. « Il faut recourir aux experts et multiplier les sources afin de cerner au mieux les sujets médiatiques », recommande-t-il.
Samir Ardjoum, maître de conférences à l’École nationale supérieure de journalisme et sciences de l’information (ENSJSI),signale, lui aussi, que la communication institutionnelle est «un levier d’une extrême importance notamment en ces temps où sont propagées énormément d’informations vérifiées et non vérifiées». Il faut donc revenir à la communication institutionnelle qu’il considère comme une source crédible d’informations. De ce fait, l’enseignant juge que c’est un chantier crucial à développer. Dans ce sillage, il note que certaines institutions étatiques ont fait les premiers pas en ce sens alors que d’autres n’ont toujours pas adopté ce concept. De son point de vue, l’information officielle se traduit justement par cette communication institutionnelle. « Son développement devra contribuer à l’amélioration de l’image du pays », estime-t-il. Il regrette toutefois que les chargés de la communication soient les premiers à bloquer cette dynamique. «Ils commercialisent très mal leurs secteurs et à cause d’eux beaucoup d’acquis passent malheureusement inaperçus», précise-t-il
De la formation
Belkacem Mostefaoui, sociologue des médias, explique, quant à lui, qu’il faut faire une distinction nette entre le journalisme et la communication institutionnelle, soulignant que tous les pays du monde ont développé ces deux segments importants auxquels incombe la mission d’accompagner le processus de développement. Il insiste surtout sur la formation de «ces communicants» qui vont vendre l’image de grands chefs d’entreprise et de leaders politiques en toute objectivité. Toutefois, il insiste à ce que cette communication institutionnelle soit respectueuse de l’éthique professionnelle. Le but étant d’éviter « son instrumentalisation » et « l’assèchement du monde du journalisme ». Mostefaoui soutient que le chantier de la communication institutionnelle a été développé ces dernières années. L’expert propose, par ailleurs de revoir de fond en comble l’échafaudage législatif en vue d’éliminer à jamais le «bricolage» qui a prévalu par le passé  et  a tant desservi le secteur et l’image du pays.
Karima Alloun