Les malades sont exemptés de jeuner

Dès que s’annonce le mois sacré, de nombreux de patients s’empressent de  consulter leur médecin traitant pour s’enquérir de leur état de santé. Certains s’interrogent aussi s’ils peuvent et doivent observer le jeûne. Nombre d’entre eux ignorent, cependant, les recommandations du médecin et font fi des versets coraniques qui autorisent un malade à ne pas s’acquitter de son devoir religieux. Ils continuent à jeuner et ce, malgré les risques qui pèsent sur leur santé du fait de l’abstinence.

L’imam Djelloul Guessoul de la mosquée «El Qods» de Hydra, revient sur cette question récurrente pourtant tranchée par les oulémas. «Les Algériens tiennent beaucoup au jeûne, en dépit des recommandations des médecins appuyées par l’autorisation religieuse des imams consultés. Il faut savoir avant tout, précise l’imam, que le musulman sera comptable devant Dieu quant à sa santé physique ou morale. De ce fait, poursuit-il, il est obligé de prendre soins de sa santé, quitte à rompre le jeûne.» Et de préciser : «le musulman qui s’abstient de jeuner en raison de problèmes de santé, tel que les maladies chroniques ou autres, est doublement récompensé.»
Par ailleurs, notre interlocuteur rappelle que la charia facilite les choses pour le croyant en cas de grandes difficultés. «Le jeûne du mois de Ramadhan est certes une obligation que doit accomplir tout musulman apte à le faire», renchérit-il. Toutefois, des empêchements, comme le voyage et la maladie, sont considérés comme des autorisations de rupture du jeûne», souligne Guessoul, qui cite un verset de la Sourat «El Bakara». «Quiconque d’entre vous est malade ou en voyage, devra jeuner un nombre égal d’autres jours». L’imam est formel :«Il est  établi qu’une personne malade durant le mois de Ramadhan est exemptée du jeûne. Elle devra simplement rattraper les jours manqués, une fois rétablie.».
S’agissant des maladies chroniques, ne pouvant rattraper ces jours, la fidya leur est exigée en guise de compensation. Comme l’indique le verset coranique, pour chaque jour non jeuné, le concerné doit nourrir un pauvre. Interrogé sur le caractère licite ou non de l’injection, l’imam précise que «seules celles  considérées comme ‘nutritives ’invalident le jeûne.». Et de conclure : «l’injection intramusculaire n’est pas une forme de subsistance ou de nourriture, elle est de ce fait autorisée.»
Samira Azzegag