Les partis politiques en parlent : «Contrôler rigoureusement les fonctionnaires»

La lutte contre la corruption intéresse les partis politiques. Tout en reconnaissant les «difficultés» de lutter contre ce fléau, ils expriment des préconisations pour l’endiguer en se basant notamment sur «le contrôle des fonctionnaires».

C’est ainsi que selon Ahmed Chérifi, membre de la direction du Mouvement de la société pour la paix, «la corruption touche plusieurs secteurs et plusieurs domaines, ce qui nécessite de trouver de véritables mécanismes efficients pour la combattre». De son avis, la lutte impose la mise en place d’instances et d’organes ad hoc mais aussi et surtout «les mettre en action sur le terrain et appliquer rigoureusement la loi sur les personnes coupables». Habib Brahmia, responsable de la communication à Jil Jadid, salue d’emblée l’examen du texte de loi relatif à la mise en place de la haute autorité de la transparence pour la lutte contre la corruption en Conseil des ministres.
«Nous pensons que c’est une très bonne chose de poursuivre la lutte contre la corruption», lance-t-il, arguant que «nous avons vu comment ce fléau avait complètement paralysé les institutions lors des dernières années». Tout passe, dit-il, par «la lutte contre la bureaucratie», précisant que «celle-ci constitue la source même de la corruption». Dans le même ordre d’idées, Brahmia estime qu’il est aussi impératif de combattre «l’argent sale et l’évasion fiscale», en précisant que cette démarche devrait se faire de manière à «ne pas terroriser les hommes d’affaires». «Il faut chercher un équilibre entre l’encouragement des hommes d’affaires, l’attraction des capitaux et la lutte contre la bureaucratie», soutient-il. De son côté, le président du Parti du renouveau et du développement, le Dr Taïbi Assyr, fait remarquer que «la corruption est un phénomène qui ronge le pays et qui bloque tout développement dans le bons sens». Interrogé sur les facteurs favorisant ce phénomène, il soutiendra que «la corruption existe quand les mécanismes de contrôle sont absents ou obsolètes». Dès lors, la meilleure façon de lutter contre elle est d’instituer «un contrôle rigoureux et informatisé», lance-t-il, précisant qu’il est utile «d’aller vers la modernisation de nos administrations et dans les modalités de gestion en incluant la numérisation».
Conséquences : ceci engendrera la transparence, ce qui fera baisser considérablement le phénomène. De l’avis de Taibi Assyr, la lutte contre la corruption est aussi une question de ressources humaines. «Il faut mettre les personnes qu’il faut dans les places qu’il faut et des responsables compétents et honnêtes», plaide-t-il. Ahmed Daoui, président du Parti El Karama, appelle, de son côté, à focaliser la lutte contre la corruption sur les «fonctionnaires» au niveau des APC et APW, mais aussi et surtout dans les administrations. «On a remarqué que de simples fonctionnaires qui touchent un salaire de 50.000DA se retrouvent comme étant des milliardaires avec plusieurs villas, des comptes en banque bien étoffés et plusieurs voitures», lance-t-il, précisant que «cela signifie qu’ils vivent en plein dans la corruption». D’où la préconisation que la haute autorité de transparence ait un effet rétroactif pour aussi prendre en charge le cas des fonctionnaires qui se sont enrichis frauduleusement dans le passé.
Fatma-Zohra Hakem