Les plages algériennes submergées par la drogue : Le kif marocain suit le remous des vagues

Depuis la chute des protecteurs des producteurs de cannabis et de gros bonnets du narcotrafic, le prix du kif a lourdement chuté au Maroc pour vivre de véritables soldes, même si elles restent sans grande conviction. Résultats des courses : Des centaines de kilogrammes sont livrés aveuglément à la mer pour être convoyées par les remous vers les côtes ouest algériennes, notamment témouchentoises, tlemceniennes et oranaises.

Cette méthode –au jugé –  de convoyage de la drogue en provenance du royaume chérifien, a, faut-il également le souligner, presque été «imposée» par la grande vigilance des services de sécurité algériens qui, en multipliant les barrages routiers fixes entre Oran et Tlemcen, et en maillant avec plus d’hommes, de matériels et de vigueur, les habituels points de passage du poison de sa majesté, ont réussi à barrer aux narcotrafiquants la route du kif. Pour les férus des bilans, relevons que des centaines de kilogrammes ont été interceptés par les brigades de la Gendarmerie nationale sur différentes plages du littoral Ouest algérien. Ceci sans parler des autres quantités saisies sur les routes des régions Ouest et sud. Il faut, également, souligner que le phénomène a même été vécu par les côtes de l’Est, puisque des colis de 20 et de 30 kg, ballottés par les vagues, ont été récupérés sur les plages de Skikda et de Jijel, entre autres.

Si les vagues ont été pressenties par les différents barons marocains et leurs clients algériens pour convoyer la drogue, c’est parce que des deux côtés de la frontière, les services de lutte contre les stupéfiants sont sur la brèche, depuis notamment, l’opération coup de poing qui a permis de mettre un début de frein à ce trafic qui lamine les jeunesses des deux pays. Depuis l’ascension des services de lutte contre les stupéfiants, les producteurs de la région de Nador et d’El-Hoceima, au Maroc ainsi que des grossistes se sont lancés dans une véritable opération de solde de leurs stocks de kif traité. C’est ce qui explique, en partie, «l’arrosage» de notre pays par d’importantes quantités de drogue où de nombreux paquets de 30 kilogrammes ont été découverts abandonnés sur ls plages de Tlemcen et de Témouchent, particulièrement. C’est ce qui explique, aussi, selon certains observateurs, le regain d’activité des réseaux en Algérie et en Tunisie qui auraient réussi de bonnes affaires en se ruant sur les soldes décrétées par les producteurs du Rif, notamment des régions de Ketama et d’El-Hoceima.
L’acharnement des réseaux à faire transiter la drogue par notre pays s’explique également par l’arrestation de nombreux narcotrafiquants qui assuraient la sécurité des transits maritimes via l’Espagne. Cette piste grillée, il ne restait aux grossistes que la voie terrestre qui transite par l’Algérie. Et la voie terrestre, étant à son tour, maillée par l’armée et les barrages fixes algériens, ce sont les vagues et la force des remous qui sont  de plus en plus utilisés pour envoyer la drogue en Algérie, tant pour la consommation intérieure que pour le transit. Reste maintenant à souligner que le trafic international de drogue implique un grand nombre de cadres et d’officiers de l’armée royale. A rappeler qu’un rapport de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime place le Maroc au rang de premier producteur et exportateur de haschich au monde. Le document précise que ce pays recèle parmi les plus importantes superficies mondiales de cannabis. La récolte marocaine de cannabis est, selon l’UNODC, réalisée sur 134 000 hectares, soit prés de 1,48 % des terres cultivables du pays.
Amar Abbas