Les Verts absents du Mondial 2022 : La fin d’un cycle ?

C’est un scénario cruel qu’aura vécu la sélection nationale, mardi soir, au stade Tchaker de Blida en se faisant éliminer de la course pour le Mondial 2022 par le Cameroun, après le but fatal, inscrit par Karl Toko Ekambi dans le temps additionnel des prolongations (120’+4).

Une réalisation qui allait crucifier les espoirs des supporters algériens qui n’avaient pourtant pas fini de célébrer le but égalisateur d’Ahmed Touba (118’), synonyme de qualification. En l’espace de six minutes seulement, les Fennecs sont passés du paradis à l’enfer.  L’image des joueurs à terre et de Djamel Belmadi en larmes après le coup de sifflet final du très contesté referee gambien, Bakary Gassama, témoigne du cataclysme qui venait de frapper une nouvelle fois le football algérien. Les milliers de fans qui avaient afflué vers l’enceinte de la ville des Roses dès les premières heures de la matinée bravant les mauvaises conditions climatiques et la pluie, s’attendaient, à une simple formalité notamment après le succès arraché (1-0) lors du barrage aller disputé vendredi dernier à Douala. Finalement, il n’en fut rien. Les Verts n’ont même pas été capables d’accrocher le nul qui leur aurait permis de faire le voyage au Qatar, et se sont contentés d’offrir à leurs fans une piètre image d’un groupe qui n’arrive plus à dicter sa loi même à domicile. En l’espace de quatre mois seulement, soit depuis le nul concédé à Blida contre le Burkina Faso (2-2) lors de la phase de groupes de ces éliminatoires pour le Mondial 2022, le groupe en place (treize des joueurs ayant disputé le match d’avant-hier, entre titulaires et remplaçants, avaient pris part au sacre africain de 2019 en Egypte), a perdu sa fougue et sa rage de vaincre. Que s’est-il passé entre-temps ? Au-delà de la forme des uns et des autres, il semble que l’équipe Algérie est atteinte psychologiquement. Peut-on parler d’une fin de cycle d’une génération de joueurs ayant marqué de son empreinte l’histoire du football national ?
Des éléments comme Rais M’Bolhi (36 ans), Djamel Belamri (32), Aissa Mandi (30), Sofiane Feghouli (32), Ryad Mahrez (31), Islam Slimani (33), Youcef Belaili (30), Baghdad Bounedjah  (30), pour ne citer que ceux la, ne pourront sans doute plus avoir la chance de disputer un Mondial. «Dans l’immédiat, et émotif comme je suis, je ne pense pas pouvoir faire une analyse détaillée de cette élimination, car je suis tellement effondré que j’ai du mal à trouver les mots. Etait-ce un manque de concentration ? Sincèrement, je ne sais pas… il est encore tôt pour faire un bilan. Je tiens cependant à souligner que nous avons tout donné, sans aucune retenue. D’ailleurs, cela fait plus de deux mois que nous avons mis notre vie privée entre parenthèses, pour nous concentrer entièrement sur l’EN. Que ce soit les joueurs ou les autres membres du staff technique, tout le monde a fait un travail remarquable et malgré l’élimination, il faut leur tirer chapeau. Je suis triste pour l’équipe, pour le peuple mais aussi pour cette génération de joueurs qui avait tellement envie d’être présente au Qatar et disputer ce Mondial. J’avais tant souhaité voir des jeunes joueurs comme Youcef Atal, Ramiz Zerrouki et Ismaël Bennacer qui sont l’avenir du football algérien, jouer une Coupe du monde. Hélas, le football est parfois cruel. On doit accepter notre sort», a d’ailleurs regretté le driver national a la fin du match face au Cameroun. En tout cas, aujourd’hui, d’aucuns s’accordent à dire que le groupe actuel est arrivé à saturation.
1ere défaite à Tchaker
Mardi soir, le ciel est tombé sur la tête des coéquipiers d’Islam Slimani. Ces derniers, en plus d’avoir échoué à se qualifier pour le Mondial 2022, ont vu leur invincibilité au stade Tchaker de Blida tomber après le but encaissé dans le temps additionnel des prolongations (120’+4), œuvre de l’attaquant de l’Olympique Lyon, Karl Toko-Ekambi. Il s’agit de la première défaite des Verts à Blida, eux qui restaient sur une longue série d’invincibilité de 36 victoires (dont 23 clean sheat) et 7 nuls en 43 matchs (118 buts marqués, 22 encaissés). Depuis sa grande première en 2002, soit un an après son inauguration, contre la République démocratique du Congo en amical (2-2), l’Algérie n’a en effet, jamais perdu sur cette pelouse devenue ces dernières années, le fief favori des Fennecs. Désormais, l’enceinte de la ville des Roses, à une cinquantaine de kilomètres au sud de la capitale, appelée communément par les supporters « le stade des victoires » n’est plus cette forteresse imprenable qui faisait tant peur aux adversaires. Malheureusement, l’histoire retiendra que c’est sous l’ère Belmadi que ce record d’invincibilité est enfin tombé.
Mehdi F.