SAISON ESTIVALE : Le Bonheur est dans la Mer

Il fait chaud et beaucoup songent déjà aux vacances. Les plages sont prises d’assaut. Matériel et tenues de plage s’exposent dans les marchés et en vitrine. La saison estivale marque le retour des émigrés. C’est également un moment de détente, des fêtes et des
festivités mais aussi des bonnes affaires. Le travail des saisonniers bat son plein en bord de mer. Les hôteliers se frottent les mains, notamment sur la côte de Tipasa dont nous parle notre correspondant. Outre les plans de sécurisation des plages et des déplacements des estivants, nous abordons aussi la formule du séjour chez l’habitant de plus en plus prisée à l’heure où les prix flambent.

En congé ou en vacances ? 

C’est bon, c’est l’été. Ce n’est pas encore les vacances, mais l’année scolaire est finie, les épreuves du bac et BEM passées, même si les résultats sont encore attendus. Chez les salariés comme pour les professions libérales, l’envie de congé occupe de plus en plus
l’esprit.

 

Chacun fourbit ses armes (financières) et peaufine ses plans. Les négociations dans la famille sont intenses. En attendant qu’une solution vienne enfin clarifier la situation, rien n’empêche de s’offrir une escapade, durant la semaine ou le week-end, une sorte d’amuse-gueule pour entretenir son appétit pour les plaisirs estivaux à venir, en allant à la plage pour une baignade rafraîchissante, ou «s’aventurer» en lisière de forêt pour une immersion en atmosphère oxygénée, de l’espace pour les gambades des enfants, et une ambiance chlorophyllienne pour le traditionnel pique-nique qui fera remonter à la surface mémorielle des souvenirs plus ou moins lointains, mais toujours accompagnés de leurs agréables émotions. Cela est un portrait idyllique. Partir en congé ne veut nullement dire avoir des vacances. Voyager à l’étranger n’est plus à la portée que d’une mince couche de privilégiés, pour toutes les raisons que chacun connaît. Voyager dans le pays est une alternative qui peut paraître tout à fait attractive. L’Algérie est vaste et ne manque pas d’atouts. Mais voilà, le coût d’un séjour rebute la plupart. Les analystes mettent en exergue l’insuffisance des structures hôtelières et infrastructures de loisirs, malgré les encouragements et les mesures incitatives des pouvoirs publics pour développer le secteur touristique, outre le fait que l’activité se concentre pour l’essentiel à la saison estivale, ce qui ne concourt pas à titiller la concurrence. Il ne faut pas négliger, de plus, la perte considérable du pouvoir d’achat des Algériens, ces dernières années, du fait de la dévaluation régulière du dinar et d’une inflation accélérée. La solution trouvée pour contourner cet écueil fut, pour de nombreux citoyens, de louer chez des particuliers.
La location a d’ailleurs, pendant une période, permis de booster le tourisme dans toutes les wilayas côtières. Mais cette fenêtre a commencé à se refermer pour beaucoup avec la hausse des loyers, qui s’alignent quasiment sur les prix des hôtels à cause d’une demande insatisfaite entièrement. Les Algériens devraient peut-être songer à partir en voyage d’agrément hors période estivale. Le Sahara et ses oasis sont très attrayants, à titre d’exemple. On peut tout aussi bien prendre des vacances sans avoir besoin de quitter son pays ou sa wilaya, sans se séparer du confort de son home sweet home ! Les autorités locales font ainsi des gros efforts pour restaurer les plages et construire des piscines. A l’initiative de privés, des structures de loisirs, à l’instar des aqua-parcs, poussent dans plusieurs villes de l’intérieur, et les agences de voyages rivalisent d’imagination pour exploiter les atouts touristiques de proximité pour offrir l’évasion à une clientèle qui ne demande qu’à être preneuse. Le tourisme peut devenir une industrie opulente en Algérie, mais il y a encore de gros efforts à consentir pour cela. En ouvrant le pays au touriste étranger, ce ne sont pas uniquement des emplois et des devises engrangées dont il bénéficiera. La dynamique qui s’enclenchera profitera aussi au tourisme local en mettant à la portée du citoyen lambda toutes les destinations.
 Ouali Mouterfi