L’examen de la cinquième rétabli l’année prochaine : Les syndicats sceptiques

Suspendu exceptionnellement cette année, l’examen de fin du cycle primaire sera rétabli l’année prochaine, avec une nouvelle approche et de nouvelles données, a affirmé, lundi dernier depuis El Meghaïer, le ministre de l’Education nationale, Abdelhakim Belabed. Pour lui, il s’agit là d’une manière d’augmenter les chances de réussite des élèves et faciliter leur progression dans le système scolaire.

Le président de l’Union nationale du personnel de l’éducation et de formation, Sadek Dziri, indique que le ministère de l’Education, en annulant l’examen de la cinquième année, a enfreint la loi n°08-04 du 23 janvier 2008 portant loi d’orientation sur l’éducation nationale qui stipule clairement «la fin de chaque cycle d’enseignement est sanctionnée par un examen final». Toutefois, le responsable soutient que la tutelle aurait pu procéder à l’amendement de la loi au lieu de réhabiliter cet examen qui ne présente aucun intérêt. «Son annulation était une bonne décision», estime-t-il.
Le porte-parole du Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation (Cnapeste), Messaoud Boudiba, relève, lui aussi, que l’article 49 de la loi d’orientation précise que la fin de la scolarité dans l’enseignement primaire est sanctionnée par un examen final, ouvrant droit à la délivrance d’une attestation de succès. Toutefois, il affirme que le Cnapeste est contre le rétablissement de l’examen et propose à ce que celui-ci soit juste «une simple formalité». «Il ne doit même pas avoir un caractère national. Il faut proposer aux élèves des sujets d’entraînement pour les mieux préparer aux examens futurs», suggère-t-il.
Le pédagogue Bachir Hakem estime que la réforme du primaire devrait être la priorité de l’éducation à l’heure de l’informatique. «Le primaire est l’étape fondamentale où l’élève fait ses premiers pas à l’école et où il doit apprendre à lire, écrire et compter. A la fin de ce cursus, l’élève devait passer un examen qui était valorisé par 50% de la moyenne de passage. Les autres 50% était la moyenne de l’année scolaire», relève-t-il. Mais, selon lui, l’examen n’avait plus de crédibilité, car le taux de réussite dépasser de loin les 90%. «Son utilité n’est d’aucun intérêt, puisque c’était le taux de réussite de l’année scolaire sans examen», indique-t-il. Laisser donc cet examen est, à ses yeux, inutile sauf s’il faut changer les conditions d’accès au collège. «La réforme du primaire devrait être imminente en commençant par changer l’objectif des acquis que doit avoir l’élève. Aujourd’hui, l’écolier doit savoir lire, écrire, compter et manipuler l’informatique. Pour donner l’égalité des chances à l’enfant algérien, le préscolaire doit être obligatoire à tous à partir de l’âge de quatre ans. Le primaire d’une durée alors de cinq années sera sanctionné d’un examen comptabilisé à 75%, les 25% restants seront la moyenne annuelle à condition d’avoir une moyenne d’examen supérieure à 8/20.L’enfant qui échouera deux fois à l’examen sera automatiquement dirigé vers la formation professionnelle», propose-t-il.
Amokrane Hamiche