L’exécutif se penche sur les zones franches : Incitation à l’investissement

Dispositifs administratifs flexibles, avantages fiscaux et parafiscaux, un cahier des charges empêchant toute bureaucratie…Voilà quelques ingrédients que le gouvernement a introduit dans le projet de loi sur les zones franches pour, d’abord, faire oublier l’expérience «vaine» de la zone de Bellara et, ensuite, donner des gages de transparence aux futurs investisseurs, étrangers notamment dans ces espaces francs où seront exercées les activités du commerce, de l’industrie, des services et d’exportation. En attendant la concrétisation de ces enclaves, l’Exécutif prévoit la création, comme première étape, d’une ou de deux zones, sur la base des expériences réussies dans la création de ce genre de zones aux niveaux arabe, africain et international.

 

La création de zones franches a pour objectif essentiel de développer l’économie d’un pays, en l’espèce il s’agit de l’Algérie. Et c’est dans cet ordre d’idées que devant les parlementaires, le ministre du Commerce a argumenté son plaidoyer insistant notamment sur le renforcement des échanges commerciaux et plus particulièrement les investissements directs étrangers (IDE), autrement dit, le meilleur raccourci pour augmenter les recettes en devises.
Par voie de conséquence, une mesure salutaire au sujet de laquelle faudrait-il même s’interroger sur le temps perdu à matérialiser ce choix depuis les réformes tous azimuts engagées au début des années 1990.
Une hésitation, voire un manque de volontarisme économique, inexplicable qui a fait de l’Algérie l’un des pays le moins attractif économiquement, une amère réalité, qu’une publication faisant autorité en la matière, la classait, à la fin de l’année dernière, à la 30e place sur le plan continental aux côtés du Mali, du Botswana et du Niger. Un paradoxe comparativement à la volonté officiellement affichée par les autorités de drainer le maximum d’investissements et de capitaux. Ainsi en 2020, les IDE représentaient 1,12 milliard de dollars pour 1,4 l’année précédente.
Toutefois, il ne suffit pas de ressasser les errements passés mais plutôt de passer à l’action, ce à quoi les institutions de l’Etat se sont effectivement attelées à réaliser dans les mois, voire les semaines à venir, compte tenu notamment du choix des wilayas appelées à abriter les deux premières zones franches en l’occurrence Tamanrasset et Tindouf. Ce qui coule de source compte tenu du fait que la raison ne peut que recommander la conquête du marché africain, et pour cause, le formidable potentiel économique qu’il représente en matière d’échanges diversifiés et diversifiables, de la proximité de pays voisins, sinon de relais pour ceux plus éloignés. Le plus important étant évidemment de sortir de la dépendance aux hydrocarbures tant que le climat économique international depuis quelques mois est des plus favorables.
Toutefois, la gestion de ces nouveaux espaces doit se faire en tenant compte, et les parlementaires ont insisté là-dessus, dans le strict respect du système juridique national. En effet, il est important d’évoquer de possibles effets pervers consistant en une déloyale concurrence commerciale entre les régions disposant d’une zone franche et affranchie donc de charges, dont celles sociales et fiscales, comparativement à une autre qui ne le serait pas. Ainsi, le risque d’une délocalisation à moyen terme mais massive à long terme n’est pas à exclure pour certaines entités économiques. La zone franche étant un territoire bénéficiant d’une politique dérogatoire en matière de fiscalité. Plus concrètement, celle-ci peut bénéficier de réduction douanière et surtout de simplification administrative. D’où un encadrement infaillible que les dispositions de la loi ont certainement cernées.
Abdelhamid Lemili