L’Histoire nationale dans les programmes scolaires : A la recherche du temps perdu

L’enseignement de l’histoire nationale dans le système éducatif fut longtemps négligé. Sera-t-il facile de «rattraper le temps perdu»? Il faut toutefois reconnaître que, depuis quelques années, les manuels d’histoire accordent plus de place et d’importance aux personnages qui ont façonné l’histoire antique ou contemporaine de l’Algérie.

Les élèves naguère connaissaient presque tout de l’histoire et des remous qui agitaient les dynasties médiévales ou l’Europe durant les deux guerres mondiales. Ils n’ignoraient presque rien des avancées des forces alliées sur les différents champs de bataille du vieux continent et du processus d’affirmation du Mouvement des non-alignés. La matière (l’histoire) était surtout déconsidérée et, en 1986, des lycéens sont même sortis dans la rue pour exiger sa suppression dans l’examen du bac.
L’histoire de l’Algérie n’était pas alors totalement absente, mais celle de la guerre de Libération nationale notamment était quelque peu «désincarnée». Pour des raisons politiques, de nombreux acteurs qui ont conduit la marche du pays vers sa libération étaient frappés d’interdiction. Outre  Messali, des fondateurs du FLN, comme Boudiaf, Aït Ahmed et Krim, étaient passés à l’opposition et dans un système de parti unique, leurs noms étaient passés à la trappe. A vrai dire, l’Algérie n’est pas le seul pays à avoir des problèmes avec son histoire. Les Espagnols se déchirent encore sur la guerre civile qui a ravagé le pays, il y a près d’un siècle. Les Français ont des appréciations différentes sur la colonisation, de Napoléon ou de Mai 68.
Mais si l’école est restée un peu en retrait, de grands pas ont été franchis dans cette entreprise de connaissance, parce que dans le domaine de l’édition du moins, il ne reste presque plus de sujets tabous. Un peu comme la guerre qui n’a jamais été qu’une affaire de militaires, l’histoire est au centre d’enjeux de pouvoir et un instrument de règlement de comptes. Les politiques parlent de perdants et de gagnants comme s’il s’agit d’une finale de foot. Il est difficile de faire autrement quand elle se retrouve longtemps occultée ou instrumentalisée. Les vrais historiens ou ceux que l’histoire inspire savent qu’il vaut mieux éclairer, comprendre en confrontant les sources, en construisant des comparaisons que de s’étriper. Surtout devant des jeunes qui dans ce jeu auquel beaucoup d’entre eux ne trouvent pas d’intérêt et ne misent sur «aucun coq». C’est pour apaiser les esprits et assécher les sources de dissension que l’école doit redevenir le canal par lequel doit se  transmettre un message à forte portée pédagogique. Elle n’est sans doute pas la seule institution à se charger de cette mission mais sans elle, rien ne peut se faire car elle est le creuset de formation de tous les Algériens. Tout commence à l’école où se forme le citoyen qui ne peut s’épanouir et développer sa personnalité sans un ancrage dans sa culture et son histoire.
H. Rachid