Liban : Le Parlement échoue à élire un nouveau président de la République 

Le Parlement libanais a échoué, ce jeudi, à élire  un nouveau président de la République à l’issue d’un premier tour de vote, aucun consensus n’ayant encore été trouvé pour choisir le successeur au chef de l’Etat sortant, Michel Aoun.

Michel Moawad, député et fils du président René Moawad assassiné en 1989, a obtenu le plus grand nombre de voix jeudi, avec 36 votes. Il aurait eu besoin d’un total de 86 votes pour se faire élire au premier tour. Plusieurs députés ont quitté la salle avant qu’un deuxième tour ne soit organisé, conduisant ainsi à levée de la séance faute de quorum. Le chef du Parlement Nabih Berri a annoncé qu’il appellera à un deuxième tour « lorsqu’un accord sera trouvé pour élire le prochain président », un processus qui pourrait prendre des mois dans un pays où la classe politique  est profondément divisée.
Pour rappel, l’élection du président sortant en 2016 avait eu lieu après une vacance de 29 mois au sommet de l’Etat, les parlementaires ayant tenté en vain, à 45 reprises, de parvenir à un consensus sur un candidat. Le Liban connaît l’une des pires crises économiques au monde depuis 1850 selon la Banque mondiale, marquée par une flambée vertigineuse des prix, une dégringolade historique de la devise nationale et de graves pénuries. Quatre Libanais sur cinq vivent désormais en dessous du seuil de pauvreté  selon l’ONU, une paupérisation inédite accélérée par une inflation à trois chiffres. Le pays est aussi dans une impasse politique, un nouveau gouvernement se faisant toujours attendre, quatre mois après les élections  législatives.