Lieu Dit – PLACE DE LA RÉPUBLIQUE : Il était une fois le kiosque à musique…

A l’origine, la grande place de la République, sur les hauteurs du quartier populaire Sidi El Houari, est une prolongation du jardin public la Promenade d’Ibn Badis (ex-Létang). Mais comme ce dernier est très peu fréquenté, voire pratiquement oublié des habitants, la place de la République est considérée comme un site à part.
Très spacieuse, elle donne sur la Corniche et une partie du jardin de la Promenade d’Ibn Badis. De là, la vue sur la mer et sur les arbres et les espaces verts en contrebas est sublime. L’endroit est tellement frais qu’il donne envie de faire une pause. Comme la plupart des habitants du quartier sont relogés ailleurs, au quartier Belgaid notamment, dans la nouvelle ville d’Oran (est), ce site est pratiquement désert. Très peu de personnes y passent. Quelques habitants seulement profitent de l’ombre généreusement offerte par les arbres, centenaires, plantés tout autour. Comme elle est annexée à la Promenade d’Ibn Badis, on suppose que cette place a été aménagée en 1836, à la même période que ce jardin. Les ficus, surtout, la couvrent littéralement, par leurs branches entrelacées, lui donnant un cachet très intime. D’où l’appellation «les arbres amoureux». Ces mêmes branches couvrent, comme un coffret, le kiosque à musique. Au XIXe siècle, les kiosques à musique étaient à la mode en Europe, des «accessoires» importants dans les places et les parcs publics. «Le kiosque à musique était un espace de divertissement.
Des groupes de musique de différents horizons se produisaient ici, en plein air. Tout autour, se rassemblaient les gens, de différentes classes sociales, et se mêlaient les uns aux autres. Le but est de créer un moment de convivialité entre les différentes couches. Comme c’est une tradition coloniale, elle n’a pas été reconduite après l’indépendance. Depuis, le kiosque à musique est juste un vestige que les touristes admirent quand ils passent par là», rapporte l’un des habitants du quartier. Le kiosque est de forme ronde, surmonté d’un toit sculpté en fer forgé.
Il semble en très bon état. Les promeneurs l’utilisent pour s’abriter du soleil quand ce dernier tape trop fort. Sur des bancs en pierre, les personnes âgées viennent s’y reposer en lisant un journal ou discuter. Face au kiosque, à l’extrémité droite de la place, est érigée une fontaine en l’honneur de l’ingénieur des ponts et chaussées, Aucour, qui a créé le boulevard Khedim-Mustapha (ex-Stalingrad) où est située cette place. La fontaine, en demi-cercle, est gardée par deux hippocampes, posés sur les deux côtés. De la fontaine jaillissait de l’eau auparavant, qui se déversait dans un petit bassin en pierre. Mais ce dernier est à sec aujourd’hui. La fontaine est protégée par une clôture en fer forgé et, juste au-dessus de la source, est sculpté le portrait, sous forme de médaillon, de Aucour. L’endroit est très calme, tranquille, propice à la détente.
 Farida Belkhiri