Ligue des champions d’Afrique : Sétif s’en tire à bon compte

L’ESS a compromis ses chances de qualification pour le dernier carré de la Ligue des champions africaine après le nul concédé face l’ES Tunis (0-0), vendredi soir au stade 5-Juillet, Alger.

Que dire de ce derby maghrébin joué devant une maigre affluence malgré la levée du huis clos décidée par les autorités publiques concernant les matchs de la capitale, si ce n’est qu’il fut globalement dominé par l’Espérance devant un onze ententiste contraint de subir le jeu durant pratiquement toute la partie.
Mieux organisés sur le terrain, volontaires à souhait et surtout plus agressifs sur le porteur du ballon, les Sang et Or se sont, en effet, procuré les occasions les plus dangereuses dans cette rencontre sans pour autant concrétiser.
Si les Sétifiens ont pu garder leur cage inviolée, c’est surtout grâce au brio et la baraka de leur portier, Sofiane Khedairia, auteur de nombreux arrêts décisifs, notamment en première période en remportant ses duels devant Ben Romdhane (10’), avant que la barre transversale ne repousse le coup franc de Kingsley Eduwo (28’). Les coéquipiers d’Akram Djahnit, totalement méconnaissables, dépassés par les événements, auraient, toutefois, pu réussir le hold-up parfait, grâce à Ahmed Kendouci dont le tir fut détourné in extremis par le défenseur algérien de l’EST, Abdelkader Bedrane, en toute fin de match (90’). Désormais, les gars d’Aïn Fouara sont condamnés à l’exploit lors de la seconde manche des quarts de finale, prévue vendredi prochain à Radès (Tunis), s’ils veulent poursuivre l’aventure dans cette prestigieuse épreuve continentale.
Pour rappel, le van (camion transportant le matériel d’assistance vidéo à l’arbitrage), acheminé de Tunisie, est arrivé au stade 5-Juillet quelques minutes seulement avant le coup d’envoi de la rencontre. Un délai insuffisant pour l’installation des différentes caméras, nécessaires au bon fonctionnement de cette nouvelle technologie. Cela dit, rien n’est encore joué dans ce derby maghrébin, et tout devra se décider à l’occasion du match retour prévu vendredi prochain au stade Hamadi-Agrebi de Radès, à partir de 22h. Pour officier cette deuxième confrontation des quarts de finale, la commission d’arbitrage de la Confédération africaine de football (CAF) a désigné un trio marocain. Il s’agit de Radhouane Jyed, arbitre directeur, Lahssen Azkau et Mustapha Akerkad, assistants.
 Bendris : «Difficile de motiver des joueurs impayés»
Malgré ce semi-échec, à l’ESS, on refuse de s’avouer vaincu. Au contraire, on continue de croire à cette fameuse qualification même si la tâche s’annonce des plus compliquées. «Certes, nous aurions souhaité l’emporter ce soir afin de prendre une option pour la qualification, mais nous n’y sommes pas parvenus. C’est la loi du football et nous devrions faire avec. Malgré le nul concédé à domicile, je pense que nos chances de qualification demeurent toujours intactes. Il ne faut pas oublier qu’il reste encore une seconde manche à disputer à Tunis où tout reste possible. Comme l’EST est venue nous imposer le nul, nous aussi, nous pouvons faire de même à Radès», a déclaré, le coach ententiste, Rèda Bendris, lors de la traditionnelle conférence de presse d’après-match.
Celui qui assure l’intérim à la barre technique de l’Aigle noir depuis le limogeage de Nabil El Kouki regrette le manque de motivation de ses joueurs, dû, selon lui, à «la crise financière qui secoue l’équipe depuis plusieurs mois». «Tout le monde connaît les problèmes de l’équipe. Jouer une compétition comme la Ligue des champions africaine demande beaucoup de moyens financiers. Chose qui nous manque terriblement à Sétif», a-t-il déploré. Et de
poursuivre : «Franchement, il m’est difficile de motiver des joueurs qui n’ont pas perçu le moindre salaire depuis 7 et 10 mois pour certains. Malgré cela, ils font preuve de patience et consentent d’énormes sacrifices sur le terrain. Ils sont vraiment à féliciter.» Bendris, dont l’avenir demeure incertain à la barre technique des Noir et Blanc après l’arrivée de l’entraîneur serbe, Dejan Arsov, a également critiqué l’absence de l’assistance vidéo à l’arbitrage lors de cette confrontation. «L’absence de la VAR nous a énormément perturbés, influant négativement sur le déroulement de la rencontre. Il y avait des fautes que l’arbitre ne pouvait déceler. C’est vraiment dommage», a-t-il conclu.
Mehdi F.