L’insertion socioprofessionnelle des trisomiques difficile à concrétiser

A  l’occasion de la Journée mondiale des trisomiques, la ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme a annoncé un nouveau projet relatif à l’insertion socioprofessionnelle des personnes atteintes du syndrome de down. 

Dans une déclaration relayée par l’APS, Kaoutar Krikou avait affirmé que «la priorité en matière d’aide à l’insertion socioprofessionnelle et de financement pour la création d’activités dans le cadre de l’Agence nationale de gestion du microcrédit a été donnée à cette frange vulnérable de la société».
Des associations et des psychologues spécialisés dans la prise en charge des trisomiques n’ont pas caché leur «scepticisme», estimant que la concrétisation d’un tel engagement relève de l’impossible.
«En raison de la déficience mentale dont  elle souffre, cette catégorie ne peut nullement être autonome dans la prise de décision et encore moins d’être responsable d’une micro-entreprise. Une telle responsabilité requiert un minimum d’expérience et de savoir-faire»,  explique un spécialiste. «Un trisomique, poursuit-il, a besoin d’un tuteur pour prendre en charge ses affaires.» Certains évoquent même un vide juridique, car les trisomiques détenteurs d’une carte d’invalide à 100% ne peuvent nullement être autonomes et devenir  créateurs de projets.
Les psychologues rappellent que la trisomie n’est pas une maladie mais un état. Les personnes atteintes du syndrome et victimes d’un retard physique et intellectuel ont une vie un peu plus difficile que la moyenne. Le niveau du retard mental peut différer d’une personne à une autre, mais dans tous les cas, leurs capacités sont réduites pour prétendre participer à des activités, même faciles et simples.
L’Association nationale pour l’insertion scolaire et professionnelle des trisomiques (ANIT) met en exergue le manque d’infrastructures et d’établissements spécialisés dans la prise en charge des enfants aux besoins spécifiques qu’ils soient atteints de trisomie, d’autisme  ou de troubles mentaux. Sa porte-parole  rappelle que le droit à la scolarisation des premiers est un combat permanent des parents qui ont toujours réclamé l’insertion scolaire et sociale de ces enfants. «La méthode pédagogique intégrée actuellement dans la scolarisation de la plupart d’entre eux  est inappropriée à leur état psychologique et  psychiatrique», confie-t-elle.
 A  l’en croire, seules les associations prodiguent un programme spécifique. «L’ANIT assure la scolarisation de deux classes spéciales à raison de 14 enfants chacune, dans un établissement étatique», précise notre  interlocutrice qui fait remarquer que la plupart des enfants souffrant de ce syndrome se retrouvent dans des classes comprenant  des enfants aux besoins spécifiques différents.  «Le nombre de trisomiques pris en charge dans 147 structures spécialisées créées par des associations est restreint», regrette-t-elle. Le  reste, soit plus de 4.832 enfants, est pris en charge sur les plans pédagogique et thérapeutique dans des structures  spécialisées relevant du secteur de solidarité ou dans des établissements éducatifs publics.
 Samira A.