Littérature amazigh : Un nouveau regain d’intérêt

Le roman d’expression amazigh tente tant bien que mal de se positionner dans le monde de la littérature.

Ce genre suscite un engouement particulier des écrivains depuis quelques années où le nombre de publications et de demandes de publication est de plus en plus croissant. Selon Ali Belhout, enseignant de la langue amazigh et auteur, depuis le début de l’année 2021, une vingtaine de romans ont été publiés sans compter les recueils de poésie, les nouvelles et autres genres littéraires. «Même si la publication du livre amazigh a fait un saut qualitatif, nous sommes toujours confrontés aux problèmes d’édition, de distribîution et de couverture des droits d’auteur. Tous ces éléments constituent un frein pour la promotion de cette littérature dans toutes ses variantes», explique-t-il. Pour notre interlocuteur, le ministère de l’Education nationale et le Haut-Commissariat à l’amazighité sont les piliers de cette langue. Selon lui, les activités dédiées à la littérature amazigh sont timides.
«Le salon des Ath Ouacif n’a pas une dimension nationale et durant les précédentes éditions, le livre amazigh n’était pas mis en valeur puisqu’il y avait plus de livres en arabe et en français qu’en tamazight», dit-il. Il affirme que la promotion du livre amazigh a besoin d’une réelle volonté politique. Et de rappeler que la constitutionnalisation de tamazight est un acquis. Sa prise en charge dépend de la mise en place d’une stratégie nationale pour encourager la publication de nouveaux titres. «La question amazigh dans toute sa dimension nécessite des actions urgentes réalisables sur le terrain», ajoute-t-il. Il a, par ailleurs, soulevé la problématique de la transcription de la langue.
«Elle pose toujours problème. Cette dispersion nous rappelle l’urgence de créer un organisme qui aura la responsabilité de trouver une terminologie commune accessible. On doit aussi suivre des règles de transcription unifiées», plaide-t-il. Et d’ajouter : «Je regrette infiniment de voir certains auteurs écrire n’importe comment, d’où notre plaidoyer pour régler ce problème qui se pose depuis plus de 30 ans.»
 Samir Belabed