Littoral algérois : Les plages agréables et accueillantes

Avec la hausse du mercure et l’approche de la saison estivale, le littoral algérois enregistre ces derniers jours une reprise de l’activité.
De nombreuses plages de la capitale ont connu, selon les baigneurs, une amélioration notoire en termes de prestations, de propreté et d’équipements gratuits mis à disposition.

Le temps des parkings sauvages, des plages exploitées illégalement et d’insalubrité est révolu. Une tournée au niveau de deux plages, à l’est d’Alger, a permis de constater une amélioration dans la qualité de service et des structures, notamment l’éclairage public, l’aménagement de parkings, gérés par de jeunes exploitants disposant d’autorisation, ainsi que d’autres commodités (toilettes publiques, douches et vestiaires) à l’entrée et sortie des plages. Les premiers estivants qui commencent à affluer saluent l’effort et appellent à conserver propres et en l’état cet acquis de qualité.
Au parking de la plage Kadous, dans la commune de Heuraoua, la tarification reste inchangée. Elle est de 150 DA la place. Le parking, selon son jeune gérant, Ali, peut accueillir plus de 500 véhicules. «Au niveau d’autres plages, les parkingeurs proposent des prix plus élevés. Ils facturent 50 DA l’heure. Une journée à la plage peut coûter vraiment cher. Nous avons préservé les mêmes prix que les années précédentes, et ce, pour que tous puissent profiter des joies de la plage», rassure Ali. Une présence renforcée des forces de sécurité et des éléments de la Protection civile est également constatée sur les lieux.
Sur la plage, seuls quelques parasols de location y sont plantés. En effet, l’exploitation illicite des plages est de l’histoire ancienne. Selon Farid, qui loue des tables, chaises et parasols, les autorités sont plus pointues sur la gratuité des plages et envoient à plusieurs reprises des brigades pour surveiller le littoral. «Ceux qui installaient tables, chaises longues et parasols en tous genres ont fini par quitter les lieux. Nous disposons, contrairement à ce qui se faisait, d’autorisation de l’APC pour pouvoir louer, à ceux qui le souhaitent, nos équipements pour passer la journée», explique-t-il. Il ajoute que les prix restent à la portée de la majorité des bourses et qu’il est possible de s’installer confortablement sans se ruiner. «Une table coûte 1.000 DA. Les chaises 400 DA. Le parasol 500 DA et les chaises longues entre 800 et 1.500 DA», détaille-t-il, soulignant que plusieurs jeunes cotisent pour pouvoir s’offrir plusieurs équipements. «Nous diminuons les prix pour ceux qui ne peuvent pas louer plusieurs chaises par exemple», rétorque-t-il.

Pas d’indus loueurs
Assis autour d’une table, garnie de gourmandises et sirotant du café et du thé, des jeunes se disent heureux de retrouver la plage. Ils sont venus passer l’après-midi et comptent en profiter jusqu’au crépuscule. «Il n’y a pas encore beaucoup de monde. Avec la hausse des températures, nous constatons que beaucoup ont eu la même idée que nous. Celle d’aller se rafraîchir à la plage. Mais il reste que leur nombre est très inférieur à celui de la haute saison.
C’est vraiment le moment d’en profiter pleinement», lance Massi, qui rentrait de baignade. Il se félicite également que l’exploitation illicite des plages ne bloque par l’accès. «Avant, nous faisions face à une présence d’intrus qui y imposaient leurs règles. Il fallait louer un parasol pour pouvoir s’y installer, sous peine d’aller planter son propre parasol à l’écart, loin des exploitants illicites», dit son ami. Il confie que ces personnes étaient source de nombreux tracas et de différends, parfois d’engueulades pour pouvoir s’installer sur la plage. «Ils ne laissaient à l’estivant aucun choix, sauf de se plier à leurs diktat et tarifs. Fort heureusement, l’année dernière, ils avaient disparu de Kadous, et notamment au niveau de beaucoup d’autres plages de l’Est d’Alger où ils étaient en masse», indique leur ami Nabil. Cette année encore, poursuit-il, les loueurs n’imposent rien et nous ont même offert deux chaises de plus gratuitement. C’est dire que les mentalités ont changé.

Pas un grain de saleté
Une famille, installée non loin, partage l’enthousiasme des jeunes. Selon Raouf, le père, l’exploitation des plages était un sérieux problème. «Il nous est arrivé, de par le passé, de se voir louer des tables, chaises et parasols à des prix exorbitants. Puis de découvrir plus tard que ces équipements sont gratuits, disposés par l’Office des parcs des sports et loisirs d’Alger», raconte le quadragénaire. Mais depuis deux ou trois années, se réjouit-il, ces pratiques ont disparu et les estivants sont plus à l’aise. La famille relève également que la plage est très propre. «J’ignore si c’est dû au fait que la saison estivale n’a pas encore commencé ou qu’il y a eu nettoyage. Il n’y a quasiment pas de déchets», relève la mère.
Du côté de Déca-Plage, dans la commune d’Aïn Taya, les baigneurs semblent également ravis. Ici, les jeunes loueurs et certains riverains mettent l’accent sur le changement de mentalité.
«Il y a plus de civisme. Les estivants ramasse tout après avoir quitté les lieux. C’est ce qui permet de laisser la plage propre», dit un septuagénaire, qui lisait son journal, assis face à la mer. Il réside non loin et a constaté, après ses nombreuses descentes à la plage, que les Algériens ne «salissent» plus comme avant.
«Durant le Ramadhan, il y a eu de nombreux iftar organisés à la plage. Tous nettoyaient avant de partir. C’est très agréable et cela me permet de me prélasser sur le sable l’après-midi, plusieurs jours durant la semaine», se félicite le retraité. Il fait remarquer que les éléments de la Sûreté nationale et de la Protection civile sont présents sur les lieux jusqu’à la tombée de la nuit.
Sur la plage, enfants et grands nageaient au gré des vagues, avant de remonter reprendre leur souffle sur le sable. D’autres écoutaient de la musique en jouant aux dominos ou en sirotaient un thé.
Walid Souahi