Lois algériennes : Des garde-fous contre la violence

Les efforts déployés par l’Algérie, ces dernières années, dans le but d’assurer une meilleure protection des enfants et de leurs droits sont reconnus et salués par le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef). Dans un rapport sur l’Algérie publié sur son site en ligne, l’Unicef se réjouit que la protection des enfants contre toute forme de violence soit au cœur des préoccupations de l’Etat, «en témoignent les budgets importants alloués aux différents ministères chargés de la protection des enfants.

L’Algérie s’est engagée, depuis plusieurs décennies, à mettre en adéquation sa législation nationale avec les conventions internationales dont elle est signataire, celle notamment relative aux droits de l’enfant», souligne le rapport de l’Unicef. En 2008, rappelle-t-il, le Parlement a adopté une loi sur l’éducation qui interdit les châtiments corporels, les sévices moraux et toutes formes de brimades dans les établissements scolaires.
Par ailleurs, la mise en place d’un plan national dédié aux enfants, entre 2008 et 2015, a débouché sur l’adoption, en 2014, d’un amendement du Code pénal pour durcir, entre autres, les peines contre les auteurs de violences à l’égard des enfants. Rappelons à ce propos que dans la loi algérienne, les personnes majeures ayant été jugées pour agression sexuelle sur des mineurs, risquent une peine de dix à vingt ans d’emprisonnement. Quant aux agresseurs ascendants de la victime, ils sont, eux, passibles d’un emprisonnement pouvant aller jusqu’à la perpétuité. L’Unicef évoque également dans son rapport, l’adoption, en 2015, d’une loi relative à la protection de l’enfance qui consacre un certain nombre de nouveaux droits pour les enfants. Grâce à cette loi, des mécanismes de protection ont été instaurés et ce pour renforcer la création de l’Organe national de protection et de la promotion de l’enfance. Une initiative appuyée par la révision constitutionnelle de 2016 en faveur d’une protection accrue des enfants. La loi fondamentale, en effet, pénalise le travail des enfants, la violence contre les enfants et oblige les parents à assurer l’éducation de leurs enfants.
Les efforts doivent être poursuivis, recommande l’Unicef, pour rendre plus effectifs les droits de l’enfant. «L’effectivité et la qualité de la prise en charge des enfants les plus vulnérables sont à renforcer ainsi que le système national de collecte et de gestion de données sur la situation des enfants, les plus vulnérables notamment», indique l’Unicef dans son rapport, en constatant le manque d’informations significatives sur la typologie et l’ampleur des problèmes rencontrés et émergents vécus par les enfants. Le Fonds des Nations unies pour l’enfance fait part aussi d’insuffisance dans la collaboration intersectorielle des intervenants concernés par la protection de l’enfance et le manque d’intégration d’une culture des droits de l’enfant aussi bien par les professionnels, les parents que par la population en général.
Farida Belkhiri

 

 

Organe de protection et de promotion de l’enfance : Consolider la culture des droits
Différents mécanismes ont été mis en place pour protéger les enfants face aux différents fléaux sociaux, a souligné Meriem Cherfi, déléguée nationale auprès du Premier ministre, chargé de la Protection et de la Promotion de l’enfance. Ainsi, des rapports sur la situation de l’enfant sont établis, accompagnés de recommandations d’experts. Pour ce faire, les membres de l’Organe national de  protection et de promotion de l’enfance (ONPPE) effectuent des visites de terrain dans toutes les wilayas du pays, dans le cadre de la formation dans le domaine des droits de l’enfant. L’objectif est de consolider la culture des droits de l’enfant et de contribuer à la sensibilisation aux droits et à la protection de cette frange de la société. Pour mener à bien cette opération d’envergure, plusieurs associations caritatives ont été impliquées, selon Meriem Cherfi. Une formation en matière de protection de l’enfance a été, en outre, initiée par l’instance nationale, en coordination avec la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) au profit de 30 cadres scouts, et ce en application du programme des groupes «éducateurs de quartier».
L’objectif de ces formations est d’«acquérir davantage de connaissances à l’aide des techniques évoluées en termes de prise en charge de l’enfance en application des nouvelles procédures prévues par la loi relative à la protection de l’enfant.»
Samira A.