Lutte contre la traite des personnes : L’ONU salue les efforts de l’Algérie

Aujourd’hui, la traite des personnes se place au premier rang des crimes organisés après le trafic de drogue et des armes. Le contexte économique actuel mondial et la crise sanitaire liée à la Covid ont révélé l’ampleur de ce crime.

Ce mercredi, lors de l’ouverture de l’atelier sur le développement de mécanismes d’orientation des victimes de la traite des personnes, qui s’étale sur deux jours au Centre international des conférences, à Alger, les efforts de l’Algérie en matière de lutte et de prévention contre ce fléau ont été salués aussi bien par la représentante régionale de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) pour la région Afrique du Nord et Moyen-Orient, Cristina Albertin, que par l’ambassadrice des Etats-Unis d’Amérique, Moore Aubin. L’élaboration d’un projet de loi autonome traitant cette problématique viendra couronner l’effort déjà consenti et bien évidemment consolidera la lutte contre ce phénomène.
Le président du Comité national de prévention et de lutte contre la traite des personnes a, en effet, saisi cette occasion pour annoncer l’achèvement de ce projet de loi, précisant qu’il est au niveau du secrétariat général du gouvernement. Abdelghani Merabet a souhaité son adoption le plus tôt possible par le Parlement.
Un projet de loi fin prêt
«L’avantage de ce projet de loi est qu’il traite cette problématique de manière compréhensive et globale et qu’il a mis en place des dispositions de poursuite des crimes ainsi que les mécanismes de renvoi qui tiennent compte de tous les aspects en relation avec la prise en charge efficiente des victimes, comme il défini l’engagement et la responsabilité de tous les acteurs dans l’action de prévention et de lutte contre la traite des personnes qu’ils relèvent des instances officielles ou de la société civile», a-t-il expliqué , avant d’ajouter que «la pierre angulaire de toute politique nationale ambitieuse visant la lutte contre la traite des personnes doit impérativement être axée autour de la victime des crimes. Elle doit avoir de l’aide et bénéficier d’une prise en charge sur le plan financier, médical et psychologique». Et de préciser que sur le plan mondial, les femmes et les enfants sont souvent les victimes de ce trafic, dont les formes les plus fréquentes restent l’exploitation sexuelle et le travail des enfants. Tout en affirmant que l’Algérie n’enregistre pas un nombre important de traites des personnes, il souligne que le texte de loi apporte des éléments de réponse,  notamment en ce qui concerne le problème relatif à la qualification du crime à travers toute la chaîne de la justice pénale. D’où l’intérêt de l’organisation d’ateliers de sensibilisation et d’information au profit des acteurs concernés par la question (Sûreté et Gendarmerie nationales, les instances de protection des droits de l’homme, le Croissant-Rouge…).
1,9 million de dollars dégagés par les Etats-Unis
L’atelier ouvert hier est le coup d’envoi du second plan d’action dudit Comité pour la période 2022-2024.Ce dernier s’articulera sur plusieurs axes, dont la mise en place des politiques et des programmes de sensibilisation et d’intensification des sessions de formation pour tous les acteurs concernés. Ce programme est financé à hauteur de 1,9 million de dollars par les Etats-Unis  pour une période de trois ans, a fait savoir Cristina Albertin, précisant que ce projet a pour objectif d’accompagner le gouvernement à développer ses réponses pour la traite des personnes.
L’organisation de cet atelier démontre encore une fois, de son point de vue, l’engagement profond tant au niveau global et que régional de l’Algérie dans la prévention et la lutte contre la traite des personnes, mettant en avant la forte coopération établie avec l’ONUCD dans ce cadre, indiquant qu’en une seule année, 10 ateliers ont été organisés réunissant plus de 400 cadres des services compétents, de prévention, de répression et de protection. Sur le plan mondial, elle a souligné que ce fléau touche à hauteur de 49% les femmes et 23% des filles.
Wassila Ould Hamouda
 
L’ambassadrice des Etats-Unis  : «Nous sommes encouragés par le travail du gouvernement algérien»
L’ambassadrice des Etats-Unis d’Amérique a, elle aussi, salué hier «les efforts du gouvernement algérien pour appréhender les auteurs de la traite des personnes. « Nous sommes encouragés par le travail en cours du gouvernement algérien avec l’ONUDC pour rédiger une loi autonome contre la traite des personnes et nous espérons que ce partenariat aboutira à des procédures normalisées d’identification et de dépistage des victimes, ainsi qu’à un mécanisme national officiel d’orientation des victimes». La diplomate  a également «encouragé les responsables à poursuivre l’important travail de dépistage et d’identification proactifs des victimes de la traite parmi les populations vulnérables en Algérie, notamment les migrants sans papiers, les demandeurs d’asile, les réfugiés et les personnes se livrant au commerce du sexe».
W.O.H.