Lutte : Les institutions sécuritaires à pied d’œuvre

Le trafic d’antiquités et d’œuvres d’art est en nette hausse en Algérie, en dépit des efforts déployés par les forces sécuritaires. Ce sont des activités criminelles transnationales les plus importantes et les plus lucratives. Les chiffres communiquées par les institutions sécuritaires des objets archéologiques restituées, destinés au marché noir, démontrent l’ampleur du phénomène.

La saisie la plus importante effectuée par les services de la police remonte à la fin de l’année écoulée, où «près de 60 pièces de monnaie rares», qui étaient destinées à la vente au marché noir, ont été recouvrées, à Tipasa. Selon le document de la cellule de communication de la sûreté de wilaya, repris par l’APS, la saisie concernait«60 pièces de monnaie, représentées par des pièces archéologiques rares classées comme patrimoine culturel protégé, datant de différentes époques historiques, dont 54 remontent à la période de la dynastie Almohade. Six pièces datent, par ailleurs, de la période de la présence romaine en Algérie». L’intervention de la police a été possible, «grâce à des informations parvenues à la cellule de protection du patrimoine culturel de la sûreté de Tipasa». Deux personnes impliquées dans cette affaire ont été arrêtées.
Durant la même période, la 6e sûreté urbaine de Raïs Hamidou et la brigade de la police judiciaire (PJ) relevant de la sûreté de la circonscription administrative de Bab El Oued a réussi à récupérer  plusieurs pièces archéologiques volés, suite à l’arrestation d’un groupe de malfaiteurs. Les mêmes services, mais cette fois-ci de la wilaya de Mila, ont récupéré1.113 pièces archéologiques remontant à différentes périodes historiques, durant l’année 2020, lors d’une opération d’investigation. Selon un communiqué rendu public en février 2021 par la DGSN, relayé par l’APS, «une statue en bronze de 7 centimètres représentant un romain et des pièces de monnaie archéologiques en majorité ont été récupérés».
Selon la même source, «les pièces anciennes récupérées sont le résultat de plusieurs opérations menées par les équipes de sécurité dans le cadre de la protection du patrimoine culturel, ce qui a permis de déjouer plusieurs tentatives de vente d’objets archéologiques». Ce ne sont que les chiffres des objets restitués, grâce à la vigilance des brigades spécialisées de la police et de la gendarmerie. Toutefois, les trésors patrimoniaux et culturels sont exposés au danger, particulièrement dans les petites villes, où les musées et les galeries ne sont pas suffisamment gardés.
Il y a lieu de préciser que «l’Algérie recèle un riche patrimoine culturel, comprenant plus de 1.500 sites archéologiques mentionnés dans la carte archéologique». Des trésors patrimoniaux et culturels, qui sont parfois exposés au danger. Les institutions sécuritaires, outre la société civile, agissent avec efficacité pour stopper l’hémorragie.
Samira A.