Lyes Akhamoukh, spécialiste en maladies infectieuses : «La formule du QR code est déjà adoptée»

Dans cet entretien le Pr Lyes Akhamoukh, spécialiste en maladies infectieuses et membre du comité scientifique chargé du suivi de l’évolution de la pandémie du Covi19, insiste sur l’importance du pass sanitaire comme motivation aux personnes qui refusent à se faire vacciner.

Quel intérêt avons-nous à imposer un passeport sanitaire ?
Après une année, les études ont montré que la vaccination protège les personnes et permet au vacciné de contracter une charge virale très faible. Sa contamination est  également moins rapide. Instaurer un pass vaccinal, c’est limiter l’accès aux personnes non vaccinés à certains endroits clos ou fermés pour qu’elles ne constituent pas un risque pour celles qui ne sont pas vaccinées. Cela permettra aussi de motiver les personnes à aller se faire vacciner pour pouvoir accéder aux lieux publics tels les salles de fêtes, de spectacles et les stades…
Le pass de vaccination doit-il être obligatoire ?
Il y a une différence entre l’obligation de vaccination et l’exigence du pass vaccinal. Ce n’est pas la même chose. Certes, je ne suis pas obligé de faire le vaccin. Mais si je dois accéder à un stade, une salle de fêtes ou d’autres lieux publics fermés, je dois être vacciné pour éviter de transmettre le virus à d’autres personnes.
Ne pensez-vous pas qu’il faut généraliser le QR code pour mieux contrôler ?
Absolument. Au niveau du ministère de la Santé, le QR code est déjà adopté. N’importe quel citoyen vacciné peut demander un certificat de vaccination et un QR code. A mon avis, il va y avoir un mécanisme qui permettra de généraliser le QR code dans les téléphones des personnes vaccinées afin que le contrôle soit simple et rapide. Le QR code est meilleur que la présentation de la carte de vaccination. Un document qui nécessite une vérification de l’identité de la personne. Mais l’utilisation ou la généralisation du QR code nécessite l’adhésion de tous.
Que pensez-vous de la vaccination des enfants âgés entre 5 et 11 ans?
J’y suis favorable parce que les virus Delta puis Omicron en ont permis la contamination. L’an dernier, aucun enfant n’était hospitalisé mais ces jours-ci  quelques enfants ont contracté le virus. La vaccination des enfants a, de ce point de vue,un  double objectif. Il s’agit de protéger ceux d’entre eux qui souffrent de maladies chroniques comme le diabète, le cancer ou autres maladies qui fragilisent leur santé, et d’éviter la contamination des parents. Personnellement, je suis pour la vaccination des enfants, mais cela doit rester tributaire d’une décision motivée du comité scientifique.On doit être vraiment sûr avant de commencer l’opération de  vaccination. On est en train de finaliser un consensus, surtout que le ministre de la Santé a reçu le Pdg du Sinovac la semaine dernière. La question de la vaccination des enfants en Chine a été  évoquée. Il reste que la vaccination de ces derniers dans notre pays n’est pas une priorité car le taux de vaccination des adultes  demeure faible.
Entretien réalisé par M. Benkeddada