Lynda Rabhellah, diététicienne au CHU de Tizi-Ouzou : «Les confiseries, ce n’est pas interdit, mais…» 

Dans cet entretien, Mme Lynda Rabhellah, diététicienne au service d’hépato-gastro-entérologie, revient sur l’importance d’une bonne alimentation durant le mois de Ramadhan.

Dès la rupture de jeûne, certaines personnes se précipitent pour consommer  plusieurs plats en même temps…
L’idéal est de prendre une à trois dattes avec peu d’eau ou de lait pour stimuler le corps qui manque de sucre. Pour éviter d’agresser son estomac, il est important de fractionner les repas et d’éviter de manger tout à la fois surtout que nos repas sont copieux. Autrement, le corps reçoit une charge très importante qui provoque des dysfonctionnements de l’organisme. Pour tenter de remplacer le sucre dans le sang après plus de 15 heures de jeûne, certaines personnes se rabattent sur des plats riches en graisse suivis de sucreries appétissantes. Cela est très nocif pour la santé. L’idéal est de penser à préparer son dessert à la maison.
Comment bien s’alimenter durant le Ramadhan ?
Il est important de  comprendre l’importance d’une alimentation équilibrée durant cette période. Elle doit être saine et riche en fibres. Il faut prendre des fruits et légumes régulièrement au ftour et du pain complet pour éviter une hyper-insulinémie. Il est important aussi d’augmenter la consommation d’eau en plus des aliments hydratants qui peuvent être servis sous forme de soupes, salades de légumes frais et fruits pour éviter la constipation. Selon les recommandations de l’Institut national de santé publique (INSP), l’apport maximal journalier en sucre est de 50 gr. Les sucreries couramment consommées pendant ce mois contiennent de grandes quantités de sirop de sucre. Les sucreries, quelle que soit leur nature, doivent être limitées au maximum. Les confiseries ne sont pas interdites mais il faut faire très attention à la quantité.
Qu’en est-il du risque pèse sur les malades chroniques ?
Avant le début du mois sacré, la communauté scientifique a lancé un cri d’alarme sur les dangers menaçant les diabétiques. Une assiette bien équilibrée évitera à ces malades les complications. Ils doivent faire très attention aux quantités de sucre consommé et choisir de  préférence des sucres lents en évitant le sucre rapide qui entraîne une augmentation de l’insuline. L’apport en sucre diffère d’un patient à l’autre. Les malades chroniques en général peuvent goûter de temps à autre des confiseries en calculant les quantités dont le corps a besoin. L’excès de sucre provoque des perturbations du taux des triglycérides et entraîne un déséquilibre du diabète (l’hyperglycémie) qui peut même provoquer une insuffisance rénale. Pour ces malades, il est préférable de prendre des dattes ou des figues. En somme, il ne faut pas interdire toutes les pâtisseries mais limiter la consommation à une ou deux fois par semaine, de préférence en soirée.
Un dernier conseil ?
Chaque personne doit être son propre médecin. L’alimentation équilibrée doit être une culture durant toute l’année. Malheureusement, en Algérie, on accorde peu d’importance à la diététique.
Entretien réalisé par Samira Belabed