Madame Nabila

En Algérie, lorsqu’ on dit Madame, cela devient intriguant. Nous nous rappelons de Madame Dalila, dans «Carnaval fi dechra» où notre grand comédien Athmane Ariouet, en P/APC demande, ahuri à ce que l’on lui justifie la dépense de 20 millions de centimes gaspillés dans une opération d’achat pour de la paille. Dans cette sombre affaire, il découvre l’existence d’une certaine Madame Dalila qui défraye la chronique dans la dechra.

Une autre Madame qui se fait appelait Maya et qui revendique un lien familial avec «fakhamatouhou», a elle aussi défrayé la chronique en haut lieu avant que la justice ne la coffre. Dans «Yemma» sur Echourouk, Madame Nabila a des remords et son psy découvre qu’elle s’invente un monde avec de faux noms et prénoms. Elle craque et a peur de retourner en prison en cas d’aveux. Le psy la rassure. Il gardera la vérité à son niveau. Il s’agit pourtant d’un crime qu’elle a commis. Une telle attitude est bizarre, mais c’est ainsi que l’a voulu le scénariste.
«Yemma» saison 3, fait du sur place. Nous avons maintenant la conviction que les épisodes se suivent et se ressemblent. Les principaux personnages se perdent de plus en plus au milieu de personnages secondaires. Ça patine grave et le réalisateur a beau avoir des flash-backs, sensés mieux orienter le pauvre téléspectateur perdu au milieu d’une histoire, mais il n’est pas du tout évident d’imprégner  du rythme à une intrigue à bout de souffle.
La barque du feuilleton «Babor Louh» aussi tangue. Les protagonistes se déchirent, s’engueulent et se battent pour un oui ou un non. S’il est vrai que c’est dans la logique de cette histoire que de voir les personnages à fleur de peau perdre  leur self-control, cela devient lassant à la longue. Et puisqu’il ya rien à ajouter sur l’intrigue, la fin semble imminente.
Hasni s’enfuit avec sa fille malade. La police est à ses trousses, lui qui a tout fait pour trouver l’argent qui permettra à sa fille de se faire opérer. Dans la grisaille d’un milieu qui survit, les personnages étouffent comme dans un vase-clos. Alors, ils se déchirent, se dénoncent et s’entretuent. La violence pointe chaque jour et dans chaque nouveau épisode.
Dans la série «Dakyous et Makyous», les deux comparses s’amusent à piéger avec leurs malhonnêtes combines, tous les gens qui gravitent autour d’eux. C’est agréable à suivre sans être génial et ambitieux sur le plan artistique. Le spectateur n’a pas le choix. Il est pris au piège dans ce programme spécial Ramadhan. Heureusement que le mois tire à sa fin et que tout le monde quittera le salon, pour rejoindre sa chambre et retrouver la magique zapette qui ouvre de grandes fenêtres sur le monde.
Abdelkrim Tazaroute