Main tendue du président de la République : Ali Rebidji : «La classe politique en attente de détails»

De nombreux partis politiques ont exprimé leur adhésion à la démarche de rassemblement du président de la République. Du FLN au RND en passant par le MSP, le Mouvement El Bina et l’ANR, tous ont salué l’initiative. Pour le politologue Ali Rebidji, «la main tendue du Président concerne tout le monde, sauf ceux qui ont franchi les lignes rouges et largué les amarres avec leur patrie, comme indiqué dans l’objectif assigné à la démarche». Selon lui, «certaines formations politiques ont déjà exprimé leur adhésion totale et d’autres attendent d’avoir plus d’explications et d’information». Et d’ajouter : «L’opposition pourrait tarder à réagir en attendant d’y voir plus clair, s’agissant notamment des mécanismes à mettre en œuvre pour accompagner la démarche et les décisions à même de lui procurer plus de crédibilité.» La célébration du 60e anniversaire de l’indépendance pourrait être, selon le politologue, «une occasion pour le président de la République d’annoncer certaines décisions pour mieux comprendre cette initiative». Inutile de rappeler, dit-il, que «la main tendue du Président est une démarche de rassemblement qui porte dans sa dimension la consécration du dialogue avec les différentes formations politiques et la société civile». Pour lui, «elle ne peut en aucun cas être interprétée comme une introduction à la création d’un parti présidentiel, contrairement à certaines rumeurs». D’ailleurs, rappelle Rebidji, «le chef de l’Etat a toujours dit qu’il était le Président de tous les Algériens, loin de toute considération partisane». Pour rappel, le secrétaire général de l’Alliance nationale républicaine (ANR), Belkacem Sahli, a estimé que l’initiative du chef de l’Etat est à même de «renforcer le front interne et sa cohésion» et d’«encourager le développement économique». Il a même réaffirmé la disponibilité de son parti à «contribuer au succès de la démarche en soumettant des propositions». Le secrétaire général du FLN, Abou El Fadhl Baâdji, a, pour sa part, affirmé que «l’initiative constitue une question civilisationnelle et une opportunité pour rassembler la classe politique autour du projet de protection du pays». Il a, dans ce sillage, invité les élus du parti à «se mobiliser totalement pour le succès de la démarche qui s’inscrit dans l’intérêt du pays et de sa stabilité». Même réaction de la part du président du Mouvement El Bina, Abdelkader Bengrina, qui a renouvelé le soutien de sa formation politique à «toute démarche susceptible d’appuyer la stabilité et la sécurité du pays et les institutions de l’Etat, et de faire face à quiconque oserait porter atteinte à l’unité du peuple, la stabilité et la souveraineté du pays». L’impact de cette action a été également relevé par le président du parti Jil Jadid, Soufiane Djilali, qui a mis en avant la nécessité de «dégeler le climat politique». Pour lui, «cette reprise de contact permet de nouer un rapport de dialogue entre les différentes parties et relancer le processus de confiance dans le fonctionnement politique des institutions». «Durant mon entretien avec le président de la République, j’ai bien compris qu’il avait l’intention d’améliorer les relations avec les partis politiques, de les impliquer au moins dans un dialogue régulier», a-t-il déclaré.
 Assia Boucetta