Mali : Deuil national en hommage aux victimes de Bandiagara

Un deuil national de trois jours a été décrété par le président de la Transition malienne, le colonel Assimi Goïta, en hommage aux victimes de l’attaque terroriste perpétrée contre des civils dans la région de Bandiagara, au centre du pays, dans la nuit du 18 au 19 juin courant, ont rapporté, mardi , les médias.

 

«Les drapeaux seront mis en berne sur tous les bâtiments et édifices publics pendant toute la durée du deuil national, à compter du mardi 21 juin courant», a indiqué le président de la transition. Cent trente-deux civils ont été tués par des terroristes dans la nuit du 18 au 19 juin courant dans plusieurs villages du cercle de Bankass, dans la région de Bandiagara, au centre du pays, a annoncé, dans l’après-midi de lundi dernier, le gouvernement dans un communiqué. Le porte-parole du gouvernement, le colonel Abdoulaye Maïga, a déclaré que toutes les dispositions nécessaires seront prises pour arrêter et punir les auteurs de «cet acte ignoble et tragique».
Ces attaques ont été attribuées par le gouvernement à des terroristes d’Al-Qaïda. Des élus locaux ont rapporté des scènes de massacres systématiques perpétrés par des hommes en armes à Diallassagou et dans deux localités environnantes du cercle de Bankass, dans un secteur qui est l’un des principaux foyers de la violence terroriste à ensanglanter le Sahel depuis des années. «Ils brûlent aussi des cases, des maisons, et volent du bétail. C’est vraiment le sauve-qui-peut», a dit un élu joint par téléphone et s’exprimant sous le couvert de l’anonymat pour des raisons de sécurité. Nouhoum Togo, un élu de Bankass, principale localité du secteur, a fait état d’un nombre de victimes encore bien plus élevé que celui de 132 morts rendu public par le gouvernement. Aussi, des informations alarmantes proliféraient depuis le week-end dernier sur les réseaux sociaux. Le nombre de civils tués dans des attaques attribuées à des groupes terroristes a quasiment doublé depuis 2020 au Sahel central, affirme une coalition d’ONG ouest-africaines dans un rapport publié jeudi dernier.
Ce carnage intervient après une attaque contre la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), au cours de laquelle, un Casque bleu guinéen a été tué. Le Conseil de sécurité de l’ONU a fermement condamné cette attaque survenue dimanche dernier. Dans un communiqué, les membres du Conseil ont appelé le gouvernement de transition du Mali à «enquêter rapidement sur cet attentat, pour que ses auteurs soient traduits en justice, et à tenir les pays contributeurs de troupes informés des progrès de l’enquête».
Ils ont réaffirmé que «le terrorisme sous toutes ses formes constituait une des plus sévères menaces contre la paix et la sécurité internationales». Un Casque bleu de la Minusma a été tué dimanche dernier dans l’explosion d’une mine à Kidal (nord), alors qu’il participait à une patrouille, avait annoncé le chef de la mission onusienne, El-Ghassim Wane. Au total, 175 de ses Casques bleus sont morts dans des actes hostiles. Des négociations tendues sont en cours sur le renouvellement du mandat de la mission de maintien de la paix de l’ONU au Mali.