Marché de l’habillement : Le DZ a encore du chemin à faire

A la veille de l’Aïd El Fitr, les devantures des boutiques d’habillement mettent en évidence les styles en vogue. De jour comme de nuit, ces magasins ne désemplissent pas. Les marques étrangères, notamment turques et chinoises, restent prédominantes. La production nationale attire peu.  Elle a encore du chemin à faire dans un marché marqué par une concurrence féroce, voire même déloyale.

Malgré les mesures de restriction des importations, les produits étrangers continuent d’inonder le marché algérien. Avec tous les efforts consentis pour que le secteur du textile se remette sur pied, il  est temps que le produit made in Bladi reconquiert la place qu’il avait perdue. Certes, la qualité des articles y est, mais un grand effort devrait, par contre, se faire dans l’amélioration du design. Dans le magasin  de  Jacket’s Club, ex-filiale du groupe Holding Getex, spécialisée dans la distribution, à Alger-Centre, le plus grand au niveau de la capitale, les clients ne se bousculent pas, comme c’est le cas dans les centres commerciaux.  Ici, il n’y a pas grand-chose.  Selon un vendeur, cette  année, il n’y a pas de panoplie de modèles.  Pour les garçons, le magasin propose quelques articles, comme des shorts, chemisiers à carreaux,  et  trois à quatre sortes de chaussures, pour ne citer que ceux-là.  Idem pour les filles, il n’y a pas trop de choix, mis à part quelques salopettes en cuir, des robes en brocard ou des pulls 100% coton.  Même si les matières utilisées dans la confection sont nobles, le style manque.  Tout dépend des articles. Question prix, il est vrai qu’ils sont à la portée des faibles bourses.  Un  t-shirt pour  garçon, 100% coton, est cédé  à 650 DA, les chaussures trappeur en cuir à 1.500 DA… Contacté, le directeur général de cette entité publique, Chems-Eddine Khadraoui, a fait savoir que pour cet Aïd, «nous avons  fabriqué quelques articles destinés à la classe moyenne, spécialement  pour la catégorie d’enfants dont l’âge oscille entre 6 et 12 ans. Nos prix sont très compétitifs, à la portée de tous. Nous réalisons également des modèles pour adolescents et adultes. Notre production est variée».
Jacket’s Club cartonne en ce mois sacré  
Chems-Eddine Khadraoui a fait savoir que  durant ce mois sacré,  Jacket’s Club a réalisé un bon chiffre d’affaires  estimé à 20 millions de dinars, soit une augmentation de près de 50%, comparativement  au mois de Ramadhan de 2021. «Nous ne sommes pas encore à la fin du mois. Le résultat est très satisfaisant», ajoute le responsable. Alors qu’il se limitait juste à la demande institutionnelle (armée-police…)  le groupe Gitex a changé de stratégie en élargissant sa gamme de produits pour toucher le grand public. Actuellement, il dispose, selon  Khadraoui, de 30 points de vente sur le  territoire national dont 11 dans la capitale. En perspective, il a fait savoir que 7 points de vente ouvriront avant la fin de l’année et une vingtaine d’autres viendront étoffer le réseau de distribution en 2023. Il est aussi prévu, selon lui, de donner des franchises aux magasins privés  pour vendre les produits Jackets Club. «Nous  avons enregistré beaucoup de demandes mais nous devrons d’abord satisfaire notre réseau de distribution», a-t-il dit, faisant savoir que Jacket’s Club se prépare aussi à l’exportation vers l’Afrique.  Pour ce qui est de l’amélioration des produits, Khadraoui a indiqué que les travailleurs ont suivi des cycles de formations assurés par des étrangers.  «En termes de confection, il y a eu une amélioration», a-t-il souligné, prenant l’exemple des  T’shirt  polo  qui, d’après lui, sont de très  bonne qualité et avec un bondesign. A la question de savoir pourquoi les produits Jacket’s Club ne sont  pas présents dans les grands centres commerciaux  qui enregistrent une grande affluence, le directeur a  fait savoir que  «la location est chère et notre vocation est de proposer des produits de bonne qualité et à bas prix».
Wassila Ould Hamouda