Marché des fleurs : Le printemps n’en sera que plus beau

Les fleurs n’inspirent pas que les poètes. C’est devenu aussi une activité économique rentable. Les fleurs sont cultivées même si pour le moment elles s’apparentent dans notre société à un produit de luxe, voire une fantaisie. Produites mais surtout importées, les fleurs ne se vendent pas seulement le 8 Mars ou pour célébrer un mariage et fêter un anniversaire. Les Algériens apprennent, nous disent nos collaborateurs, à en offrir même si les prix des roses et d’autres variétés restent encore très élevés. A Alger, Constantine, Oran… les fleuristes ne chôment pas. Toutefois, Blida tend à perdre sa réputation de ville des roses et, dans une ville du Sud, comme Touggourt, la «culture des fleurs» peine à s’implanter, pour ne pas dire qu’elle n’existe pas. Dans ce dossier, des fleuristes, un importateur mais aussi des clients, pour l’essentiel des femmes, nous parlent des fleurs comme produit de beauté et de rentabilité.

Ce qui était improbable durant les années 1960 et même 1970, si nous ne nous trempons pas, est devenu une évidence dans nos rapports aux fleurs et aux bouquets de roses, en Algérie. Si notre mémoire ne nous trahit pas, c’était surtout dans les grandes villes algériennes, Alger en premier lieu, que la tradition d’offrir des fleurs a existé avant que cela ne se répande dans l’ensemble du pays, sauf dans des régions reculées du territoire national.
Le spectacle de fleurs, nous le voyions lors des mariages avec le cortège de voitures qui sillonnent la ville avec la mariée et ses invités. La voiture de l’heureuse élue était particulièrement décorée avec des rubans de différentes couleurs et des fleurs en plastique. Il a fallu attendre pour que de beaux bouquets de roses remplacent l’immonde fleur artificielle.
C’est qu’à l’époque, les fleuristes ne faisaient pas florès. Aujourd’hui, les pépinières fleurissent dans toutes les villes du pays, ce qui donne l’occasion aux amateurs de doux messages mais aussi de gratitude, d’offrir des fleurs et des roses en particulier en prenant soin de ne pas se tromper de couleurs pour éviter toute ambiguïté. Ah les fleurs, c’est tout un savoir qui ne s’apprend pas forcément dans les grandes écoles, mais qui est enseigné gratuitement par la vie. Il ne faut surtout pas prêter attention à cette idée saugrenue selon laquelle, un homme n’offre des roses à sa femme que lorsqu’il a quelque chose à se faire pardonner. L’autre supercherie consisterait à faire admettre l’idée qu’un homme n’offre une rose à une femme que pour la séduire ou lui faire croire qu’il est civilisé et qu’il appartient à la famille des gentlemen.
Bref, nous colportons beaucoup de choses concernant les fleurs, mais cela reste un cadeau qui fait plaisir et qui embellit l’espace qui l’accueille durant des jours. Nous offrons des fleurs aux artistes, aux malades, aux fiancés, et les circonstances de la vie où une rose est de tradition se multiplient.
De nos jours, un bouquet de fleurs a remplacé, en grande partie, la fameuse boîte de gâteaux. Les mœurs et les coutumes évoluent pour une fois favorablement. C’est romantique et c’est mignon à la fois. Il est vrai, comme dit le poète, que les fleurs sont périssables, mais le souvenir qu’elles génèrent reste, lui, dans les mémoires, surtout quand il est couplé avec un événement à fortes doses émotionnelles.
Abdelkrim Tazaroute