Marchés de proximité : Dur, dur de remplir son couffin 

La place du 1er-Mai,  connue pour  son animation à longueur d’année, devient, en ce mois de Ramadhan, le point de convergence des habitants des quartiers limitrophes et autres. Beaucoup s’y adonnent aux flâneries quotidiennes en quête de la bonne occasion.

Au marché de proximité Ali -Mellah et dans un autre  occasionnel, les prix maintiennent la même tendance haussière. Dans le premier cité, dans le compartiment réservé aux fruits et légumes, ça trottine d’un stand à un autre. Les consommateurs peinent à remplir leur couffin. La pomme de terre, l’incontournable ingrédients de l’assiette des Algériens, affiche 130 DA/kg. La carotte est cédée à 100 DA et  la courgette frôle la barre de 140 DA le kilo.
«Comme vous pouvez le constater, les prix sont toujours élevés, y compris au marché  ouvert à l’occasion du Ramadhan. Il n’y a pas de grande différence entre les prix pratiqués dans ces marchés et ceux des magasins», indique une dame traînant son couffin presque vide.
A quelques mètres, un sexagénaire, la mine défaite et les yeux écarquillés, rase les stands. «Rien n’est à notre  portée. Les citoyens à faible revenu se privent de tout, y compris des produits de première nécessité. La pomme de terre est à 130 DA le kilo. C’est grave», s’indigne-t-il. La betterave semble s’aligner, cette année, sur les produits intouchables. Elle s’écoule à 140 DA quand celui de la  laitue  oscille entre 200 et 240 DA.
Des clients dévalent la rue Melik Fatma-Zohra pour se rendre dans les chapiteaux dits de solidarité, dressés à proximité du siège de l’UGTA. Ils y achètent essentiellement des denrées alimentaires. Cependant, le choix est restreint.
A  l’entrée du marché, le stand de l’Union des coopératives des céréales d’Alger-Centre (UCCA), relevant de l’Office national interprofessionnel des céréales (OAIC), s’offre  à nos  yeux. Il attire  une grande foule en cette belle journée du 17 avril. «Les légumineuses sont proposées ici à des prix accessibles. Le haricot sec est à 240 DA/ kg, le riz de bonne qualité à 180 DA. Nous avons aussi des pois chiches et des lentilles de fabrication locale, cédés respectivement à 120 DA et à 100 DA», fait savoir un vendeur.
Approchée, Saïda affirme qu’elle est venue d’El Harrach spécialement pour les légumineuses de l’OAIC. «C’est le seul stand qui semble intéressant. Pour le reste des produits, je préfère les acheter dans mon quartier  puisque il n’y a pas une différence de prix», fait-elle observer.
Accompagnée de sa fille, la dame a vite quitté les lieux après avoir fini ses emplettes. L’UCCA envisage d’ouvrir ce point de vente pendant un mois après le ramadhan. Histoire d’alléger un tant soit peule fardeau des familles, dont le pouvoir d’achat ne cesse de s’amenuiser.
Au fond des chapiteaux,  on découvre  les étals de légumes. Ayant perdu de leur fraîcheur, ils ont du mal à trouver preneur. En effet, les chalands font vite demi-tour.
A.Mehdid