Maroc : Dilapidation de 4 milliards d’euros dans le secteur de l’éducation

L’Association marocaine de protection des biens  publics a appelé, ce mardi, les autorités du Royaume à demander à certains hauts fonctionnaires de rendre des comptes sur « un retentissant scandale » lié à la dilapidation de 4 milliards d’euros utilisés dans un présumé  « programme d’urgence » du secteur de l’éducation et qui s’est avéré être « un fiasco ».

Le président de l’association, Talib Mohamed El-Ghaloussi, a déclaré sur sa page Facebook que « les hauts fonctionnaires qui ont la responsabilité  directe dans la gestion dudit programme d’urgence ne sont jusqu’à présent visés par aucune mesure qui puisse les obliger à répondre de leurs actes ».
En revanche, d’après El-Ghaloussi, « certains employés et responsables locaux ont été sacrifiés, ce qui soulève la question: Comment ces hauts  fonctionnaires, y compris le ministre en charge du secteur, ont réussi à échapper à tout jugement ? Est-il possible que certains employés commettent  ces infractions à l’insu des hauts fonctionnaires ? ».
Le président de l’association s’est dit aussi surpris par « l’absence de discussions autour du scandale du programme d’urgence destiné à la réforme de l’éducation, qui a coûté au trésor public environ 44 milliards de dirhams (4 milliards d’euros), une somme faramineuse qui provient de l’argent du contribuable ».
En outre, il a souligné la nécessité de « révéler la vérité à l’opinion publique, comment ces sommes ont été dépensées et pourquoi le programme n’a  pas eu un impact significatif sur l’état de l’éducation dans le Royaume ? ». Pour Al-Ghaloussi, ce qui s’est produit est un « scandale majeur à tous points de vue », dénonçant le maintien en poste de certains fonctionnaires et responsables directs du secteur de l’enseignement dans le Royaume sans répondre de leurs actes en ce qui concerne la dilapidation, le détournement  et le gaspillage de milliards », avant de s’interroger : « Sont-ils au-dessus de la loi  ? ».
Par ailleurs, le responsable de l’Association marocaine de protection des biens publics a prévenu que « la situation délicate et sensible que traverse le Maroc, du point de vue économique et social, ne pouvait être surmontée en touchant au pouvoir d’achat des gens modestes, mais requiert la fin de la corruption et la poursuite des saboteurs et des personnes impliquées dans le pillage de l’argent public, et ceux utilisant leurs fonctions pour  s’enrichir au détriment des intérêts supérieurs de la société ».