Maroc : La torture est présente dans les prisons

La torture dans les établissements pénitentiaires marocains prend de nombreuses formes qui portent atteinte aux droits fondamentaux des détenus, en violation des normes internationales criminalisant cette pratique.

« La torture existe dans les prisons et centres de détention au Maroc, d’après ce qui est constaté dans la réalité et confirmé par les témoignages de détenus sortis de prison », a indiqué le président de l’Observatoire marocain des prisons (OMP), Abdellatif Reffouh. Dans son intervention lors d’un colloque organisé par l’Association marocaine des droits de l’homme, en coordination avec l’Organisation mondiale contre la torture, sur « le rôle du mécanisme national de prévention de la torture dans le contexte du Covid-19 », M. Reffouh a affirmé que « la mauvaise compréhension par le citoyen de la définition de la torture dans les lieux de détention et sa conviction qu’elle n’est liée qu’à la violence physique, est ce qui l’empêche de porter plainte ». Il a souligné, en outre, que « la torture prend de nombreuses formes, parmi  lesquelles figurent la violence physique, la torture verbale, les mauvais traitements et d’autres choses que nous voyons dans la réalité et qui sont  confirmées par les témoignages de certains citoyens emprisonnés ». Le responsable de l’Observatoire marocain des prisons a également évoqué les arrestations arbitraires et le recours excessif à la détention provisoire, qui contribuent à leur tour à augmenter la possibilité d’être soumis à la torture.
A cet égard, il a fait savoir que les chiffres du ministère marocain de la Justice pour 2019 font état de quelque 25.000 détenus qui ont été acquittés lors de leurs procès ou ont été condamnés à des peines avec sursis, soulignant la nécessité de réduire le recours à la détention provisoire.