Maroc: Le front social en ébullition

La marginalisation et la politique autiste du gouvernement marocain à l’endroit des travailleurs ont poussé le corps national des techniciens à se joindre au front social en pleine ébullition, déclenchant, à son tour, un débrayage de deux jours
pour faire entendre son mécontentement et réclamer la satisfaction de ses droits.

Selon des médias locaux qui citent un communiqué du Conseil national des techniciens, «la grève nationale de deux jours, les 15 et 16 juin, a été décidée pour exiger l’ouverture du dialogue avec la tutelle et dénoncer l’attitude du gouvernement qui oublie sciemment de citer la corporation des techniciens lors des cycles du dialogue social avec les syndicats». «La grève nationale a été initiée également pour dénoncer les intimidations croissantes de certains directeurs à l’encontre des techniciens qui, en sus de leurs menaces, ont profité de la crise sanitaire de la Covid-19 pour prendre des décisions en totale contradiction avec les droits et intérêts des techniciens», a ajouté la même source.
Le Conseil national des techniciens, qui a observé le 1er juin dernier un sit-in devant le Parlement à Rabat, réclame particulièrement, indiquent les médias locaux, «l’amendement du statut particulier de la corporation des techniciens interministériels en fonction des suggestions de l’instance», mettant en avant «la nécessité de garantir des conditions décentes pour préserver leur dignité et leur statut». «Les techniciens revendiquent également l’annulation des ponctions sur salaire décidées récemment contre les salariés grévistes, la régularisation de la situation financière et administrative des techniciens diplômés en les reclassant dans des catégories supérieures, ainsi que l’adoption du dernier statut administratif permettant aux employés de s’inscrire dans le régime de la retraite dans toutes les caisses», a-t-on fait savoir. Il est à noter que la grève des techniciens s’inscrit dans le cadre du bras de fer opposant depuis plusieurs mois maintenant les différents syndicats de plusieurs secteurs au gouvernement.
Le dernier mouvement de grève en date est celui initié récemment par le Syndicat national des enseignants et chercheurs universitaires qui a paralysé pendant plusieurs jours les universités du royaume et perturbé ainsi le déroulement des examens de fin d’année. A signaler, en outre, que la Confédération générale du travail au Maroc a appelé à une grève générale le 20 juin dans tous les secteurs, «pour dénoncer la flambée vertigineuse des prix de tous les produits de base et des carburants ayant mis à rude épreuve le pouvoir d’achat des travailleurs».
«La grève, dernier recours des travailleurs pour faire entendre leur colère, est aussi un moyen pour dénoncer la politique de normalisation avec l’entité sioniste, la répression sans précédent des défenseurs des droits de l’homme dans le pays, ainsi que l’érosion du pouvoir d’achat», ont souligné récemment des syndicalistes lors d’une manifestation à Casablanca.