Maroc : Les violations des droits de l’homme se multiplient

Les violations des droits de l’homme au Maroc se  sont multipliées « en quantité et en qualité » durant la dernière période, et se sont étendues à des catégories qui étaient jusque-là épargnées, a  indiqué Hakima Chaoui, membre de l’association marocaine des droits de l’homme.

Dans une intervention lors d’une conférence virtuelle de l’association marocaine des droits de l’homme sur « Le mouvement des droits de l’Homme : défis et enjeux », Mme Chaoui a expliqué qu' »il y a une violation des droits  fondamentaux des citoyens, comme le droit au travail », ce qui a mené à des taux de chômage et de pauvreté « très élevés ». L’intervenante a souligné que l’exploitation des travailleurs au Maroc a deux visages : désormais, elle « n’est pas limitée au seul niveau national, mais dépasse les frontières avec une exploitation étrangère menée par les entreprises multinationales ». Elle a, dans ce contexte, révélé la violation du droit à la santé et du droit à l’éducation après l’adoption de la formule de « l’enseignement à distance » et l’approfondissement conséquent du fossé entre les classes, entre ceux qui ont des capacités et ceux qui n’ont pas les moyens  nécessaires pour bénéficier de cette formule d’enseignement, ajoutant que la liberté de la presse et d’expression était aussi touchée par les  violations. Mme Chaoui a souligné qu’il y a « un recul important par rapport aux acquis pour lesquels le mouvement des droits de l’homme s’est battu au Maroc, tels que le droit de protester et de manifester pacifiquement, sous prétexte de  l’urgence sanitaire ».
Concernant l’institution judiciaire censée protéger le citoyen, l’intervenante a affirmé qu’elle (l’institution) est devenue « au service de l’Etat et au service des violations des droits de l’homme et des libertés », soulignant que les institutions publiques dans le Royaume ont été « paralysées ». Mme Chaoui a constaté qu' »il y a une baisse significative des droits de l’homme au Maroc, mais d’un autre côté, le peuple est devenu conscient de ses droits ». Elle a également évoqué les dangers de la normalisation du régime du Makhzen avec l’entité sioniste, précisant qu’elle est considérée comme un « nouveau colonialisme » qui expose la région à la guerre et aux conflits.